Ad cœnam Agni providi

Hymne des vêpres au temps pascal, interprétée par le « Chœur grégorien des vêpres à Sainte-Philomène », église de Cleveland (Ohio). Ce chœur, qui chante aujourd’hui la messe traditionnelle en l’église de l’Immaculée Conception de la même ville, avait enregistré un disque en 1978. On en trouve l’intégralité sur YouTube, sur une chaîne très curieusement intitulée « Urbain VIII », alors que le chœur chante la version authentique de l’hymne, qui fut tellement charcutée par Urbain VIII qu’il n’en resta que… trois vers intacts (c’est l’hymne Ad regias Agni dapes).

Ad cœnam Agni próvidi,
Et stolis albis cándidi,
Post tránsitum maris Rubri
Christo canámus Príncipi.

Cujus corpus sanctíssimum
In ara crucis tórridum,
Cruóre ejus róseo
Gustándo vívimus Deo.

Protécti paschæ véspere
A devastánte Angelo,
Erépti de duríssimo
Pharaónis império.

Jam pascha nostrum Christus est,
Qui immolátus agnus est :
Sinceritátis ázyma
Caro ejus obláta est.

O vere digna hóstia,
Per quam fracta sunt tártara,
Redémpta plebs captiváta,
Réddita vitæ prǽmia.

Consúrgit Christus túmulo,
Victor redit de bárathro,
Tyránnum trudens vínculo
Et Paradísum réserans.

Quǽsumus, Auctor ómnium,
In hoc pascháli gáudio,
Ab omni mortis ímpetu
Tuum defénde pópulum.

Glória tibi Dómine,
Qui surrexísti a mórtuis,
cum Patre et almo Spíritu,
in sempitérna sǽcula. Amen.

Invités au repas de l’Agneau,
revêtus de nos robes blanches,
après avoir passé la mer rouge,
chantons au Christ notre Chef.

En goûtant sa chair toute sainte
brulée sur l’autel de la Croix,
en goûtant le vin de son sang,
nous vivons de la vie de Dieu.

Protégés au soir de la Pâque
contre l’Ange exterminateur,
nous avons été arrachés
au dur pouvoir de Pharaon.

C’est le Christ qui est notre Pâque,
qui est l’agneau immolé ;
azyme de sincérité,
c’est sa chair qui est livrée.

O victime vraiment digne
brisant la porte des enfers :
le peuple captif est racheté,
les biens de la vie sont rendus.

Le Christ se lève de la tombe ;
il revient de l’abîme en vainqueur,
poussant le tyran enchaîné,
rouvrant l’entrée du Paradis.

Nous vous prions, Auteur de toute chose,
en cette joie pascale
de tout assaut de la mort
défendez votre peuple.

Gloire à Vous, Seigneur,
ressuscité d’entre les morts ;
avec le Père et l’Esprit bienfaisant,
dans les siècles éternels. Amen.


En savoir plus sur Le blog d'Yves Daoudal

Abonnez-vous pour recevoir les derniers articles par e-mail.

Laisser un commentaire