Un jésuite blasphémateur

Le prêtre jésuite Nicholas Leeper se prend pour un artiste et sa dernière production est une collection de fausses icônes byzantines tellement ignobles que l’archidiocèse de New York en a annulé in extremis l’exposition qui devait se tenir au Sheen Center, dédié au « dialogue entre la foi et la culture contemporaine ». (C’est du moins ce qu’on suppose, en l’absence de toute déclaration et de toute explication.)

L’exposition, qui s’intitule « Le crépuscule des idoles » (sic, en référence à Nietzsche, sic) a trouvé refuge dans la chapelle Sainte-Marie de la paroisse Saint-François-Xavier de New York, lieu de résidence de l’artiste.

Les « œuvres » de Nicholas Leeper sont un mélange de (vieux) pop art et de vielles publicités, sous forme d’icônes byzantines. Quand on sait comment les icônes ont été définies par le septième concile œcuménique, et comment les orientaux les considèrent encore aujourd’hui (à savoir ce que la théologie latine appelle des sacramentaux, et des fenêtres sur le Ciel), on peut comprendre que l’Eglise catholique est une fois de plus un sujet d’horreur pour les orthodoxes, en ce temps de soi-disant œcuménisme.

Parmi les pièces maîtresses de l’exposition, la plus blasphématoire : « La Vierge à l’enfant (Tomatokos) », où l’enfant Jésus est donc une conserve de tomate. Le mot Tomatokos se moque du mot Theotokos, Mère de Dieu, littéralement « génitrice de Dieu », défini au concile d’Ephèse.

En dessous, « La Vierge à l’enfant (la plus pure protection) », faisant allusion à la protection de la Mère de Dieu, surtout célébrée chez les slaves (Pokrov), protection qui est donc de la poudre de talc.

L’une des plus immondes « icônes » du jésuite est intitulée « La Visitation », comme l’indiquent les inscriptions en grec, avec « Sainte Elisabeth » en gros caractères, et l’abréviation pour « Mère de Dieu ». Toutes deux (qui sont enceintes) font de la publicité pour les cigarettes…

A gauche, Nicholas Leeper, en col romain, pendant la présentation à la presse. A droite, « Madonna del Parto (Il était une fois… à Bethléem) » : la Sainte Vierge enceinte sous les traits de Sharon Tate. Au centre : « La Crucifixion (le baiser est meilleur avec un pansement). » Cette reprise d’une publicité est plus stupidement grotesque que blasphématoire, mais les orientaux voient tout de suite sur la croix les trois lettres sacrées qui indiquent le Christ (Celui qui Est). Quant au pansement il mélange le grec et le latin…

A gauche, « Saint Abraham (les trois étrangers) », reprenant de façon particulièrement laide la publicité Coca-Cola, Abraham en Père Noël et les trois « étrangers » (selon la tradition patristique et dans l’iconographie russe les trois Personnes de la Sainte Trinité), trois bouteilles de soda… A droite, « Judith décapitant Holopherne » (sic), avec une inscription grecque très approximative (Judith s’écrit : ΙΟΥΔΙΘ).

Ici un autre prêtre en admiration devant deux œuvres de son collègue : en haut « L’appel de Lévy » (saint Matthieu), en dessous… « L’Annonciation »…

L’exposition se termine le 29 mai. Jour de la « 33e messe des ministères LGBT+ ». (La paroisse a non seulement un ministère catholique gay et un ministère catholique lesbien, mais aussi un ministère « sexe migrant ».)


En savoir plus sur Le blog d'Yves Daoudal

Abonnez-vous pour recevoir les derniers articles par e-mail.

Une réflexion sur “Un jésuite blasphémateur

Laisser un commentaire