Supprimer ce qui reste de souveraineté

Nouvel assaut, mené par l’Allemagne, soutenu par la France et neuf autres pays de l’UE, pour trouver le moyen de supprimer le droit de veto dans le domaine de la politique étrangère alors que les traités le prévoient explicitement et que d’autres pays n’ont pas du tout l’intention d’abandonner ce qui est le dernier rempart de leur souveraineté.

Onze pays de l’UE envoient donc une lettre à Kaja Kallas pour demander que soit mis fin aux vétos « d’obstruction » qui paralysent l’action internationale de l’UE.

Pour cela ils listent cinq « principes » :

  • Respecter les principes de coopération sincère et de solidarité mutuelle.
  • Recourir davantage aux abstentions constructives pour remplacer les droits de veto.
  • S’abstenir de lier les décisions de politique étrangère à des questions « sans rapport substantiel ».
  • Explorer les possibilités offertes par les traités de l’UE pour passer de l’unanimité à la majorité qualifiée.
  • Fournir des « raisons vitales et fondées » pour bloquer une telle évolution.

C’est ce qui s’appelle parler pour ne rien dire. Tant que le texte du traité n’est pas modifié, le droit de veto demeure, et tout pays (notamment les pays non signataires de la lettre…) peut l’utiliser. Et les pays qui tiennent au droit de veto (à leur dernier outil de souveraineté) empêcheront que le texte du traité soit modifié…

Ursule et Kaja peuvent parader en permanence en faisant croire que ce sont elles qui décident de la politique étrangère de l’UE, il demeure qu’elles n’ont aucune légitimité pour cela et ne le font que tant qu’on (au premier chef l’Allemagne et la France) les laisse faire.


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