17e dimanche après la Pentecôte

Dans l’évangile de ce dimanche, Jésus cite aux pharisiens le premier verset du psaume 109 :

« Le Seigneur a dit à mon Seigneur : siège à ma droite, jusqu’à ce que j’aie fait de tes ennemis un escabeau sous tes pieds. »

On constate que le texte du psaume selon Jésus est notablement différent de ce que l’on peut lire dans les traductions modernes, tant dans les Bibles (où en plus on lui donne le numéro 110) que dans la néo-liturgie. D’où l’inévitable alternative : ou bien Jésus ne connaissait pas bien les psaumes, ou bien ce sont les traductions modernes qui sont fautives. La réponse va de soi.

La citation que fait Jésus du psaume 109 est mot pour mot ce que l’on peut lire dans la version grecque des Septante, et (donc) aussi dans la Vulgate. Autrement dit, Jésus authentifie la liturgie grecque et la liturgie latine traditionnelle.

Il y a autre chose ici à remarquer. Le premier mot du psaume, en hébreux, est YHWH, le tétragramme sacré, le Nom de Dieu. C’était l’occasion pour Jésus de nous révéler comment on doit le prononcer, ou ce qu’on doit en faire.

Eh bien il le fait, en donnant la version liturgique du psaume : YHWH se dit Κύριος : Kyrios, en latin Dominus, en français Seigneur (en hébreu Adonaï).

Ce faisant, il condamne ceux qui prétendent, non seulement connaître les psaumes mieux que lui, le Verbe de Dieu, mais prétendent en outre vocaliser le Nom imprononçable.

« Le Seigneur a dit à mon Seigneur. » Le premier « Seigneur » est donc Dieu, qui parle à David. L’autre Seigneur, c’est, selon la tradition juive interprétant ce psaume considéré comme messianique depuis toujours, le Messie qui doit venir. Or le Messie est le « fils de David », comme répondent les pharisiens à Jésus. Mais alors, reprend celui-ci, comment se fait-il que David, parlant de son fils, l’appelle son seigneur ?

« Et personne ne pouvait rien lui répondre. »

Car David était le roi d’Israël, il n’y avait personne au-dessus de lui. Personne sauf Dieu. Les pharisiens ne peuvent pas répondre à la question parce qu’il n’y a qu’une seule réponse possible et qu’ils ne peuvent pas l’admettre : si David dit que le Messie son fils est son Seigneur, c’est que le Messie est Dieu.

Et personne ne peut donner cette interprétation, et la donner avec une telle autorité, s’il n’est lui-même le Messie. Ce qui implique non seulement de reconnaître que Jésus est le Messie, mais qu’il est Dieu.

« Et, depuis ce jour, nul n’osa plus lui poser des questions… »


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2 réflexions sur “17e dimanche après la Pentecôte

  1. La traduction liturgique donne : Oracle du Seigneur à mon seigneur : « Siège à ma droite, et je ferai de tes ennemis le marchepied de ton trône. »

    Il y a des différences, mais par rapport à tant d’autres versets de l’Ancien Testament, je ne vois rien de notable qui en change le sens. Que visiez-vous?

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    • Oui, le sens est globalement le même, mais ce n’est pas le texte. Εἶπεν veut dire « il dit », comme le latin « dixit ». Pas « oracle ». ἕως ἂν veut dire jusqu’à ce que, comme le latin « usque ». Pas « et »… Et surtout τῶν ποδῶν σου veut dire pedum tuorum, de tes pieds, et non « ton trône » ! Jésus cite le vrai texte, pas une fabrication pseudo-liturgique.

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