Traduction d’un article d’Emily Mangiaracina sur LifeSiteNews. (Le mot « tradwives », abréviation de « épouses traditionnelles » en anglais, fait référence à un mouvement américain de femmes qui, à rebours de l’idéologie dominante, revendiquent la fierté d’être femmes au foyer et mères à plein temps.)
Le gouvernement irlandais mène une guerre silencieuse contre les épouses et mères traditionnelles, sous couvert d’une campagne en faveur de « l’égalité » des femmes.
Bien que le média The Journal ait affirmé que cette idée avait été « réfutée », la stratégie du gouvernement irlandais est suffisamment transparente pour quiconque prend la peine de lire ses documents officiels. Ils ne veulent pas, en réalité, que les Irlandaises puissent même écouter ces « tradwives » qui prônent un mode de vie classique : rester au foyer pour s’occuper de ses enfants, de son foyer et de son mari.
Comment le savons-nous ? Le gouvernement l’admet lui-même dans son plan d’action triennal, récemment publié, destiné à mettre en œuvre la « Stratégie nationale pour les femmes et les filles 2025-2030 » — une stratégie qui vise à instaurer « l’égalité des genres ».
Cette Stratégie nationale fustige les « influenceuses tradwives » qui, selon elle, « cherchent à promouvoir des rôles restrictifs et stéréotypés pour les femmes et les filles ». Il dénigre également les « normes patriarcales », lesquelles placeraient les hommes dans le rôle de décideurs et de soutiens financiers, et les femmes dans celui de personnes dédiées aux soins et à l’éducation (comprenez : les mères). Le texte affirme que ces normes « perpétuent des stéréotypes néfastes et restreignent les perspectives de vie », empêchant les femmes de poursuivre certaines carrières ou opportunités économiques, tout en décourageant les hommes de s’impliquer dans les soins à apporter à leurs enfants ou à d’autres personnes à charge.
Il est manifeste que, pour le gouvernement, la valorisation du rôle de mère et d’épouse au foyer est perçue comme quelque chose de néfaste.
En conséquence, le plan d’action 2026-2028, rattaché à cette Stratégie nationale, fixe comme objectif de « réduire l’exposition des individus aux normes et stéréotypes de genre néfastes, y compris dans les réseaux sociaux ».
Même pour un observateur impartial, un tel objectif a de quoi surprendre. Si le gouvernement se souciait réellement des femmes, et s’il respectait leur autonomie ainsi que leur capacité de jugement, il leur permettrait d’être exposées à des points de vue variés, leur laissant ainsi la liberté de décider par elles-mêmes si elles souhaitent, ou non, se consacrer pleinement à leur rôle de mère.
Les objectifs du gouvernement irlandais — à l’instar de ceux de tant d’autres institutions qui s’alignent docilement sur l’agenda mondialiste — révèlent un parti pris idéologique : celui-ci ne considère manifestement pas le choix de rester au foyer pour élever ses enfants et celui d’intégrer le marché du travail comme deux options d’égale valeur. Que ses partisans le reconnaissent ou non, ce programme cherche à affaiblir et à saper la maternité ainsi que la famille.
Cela ne signifie pas pour autant que des femmes négligent intentionnellement ou consciemment leurs enfants, ni même qu’elles souhaitent travailler à l’extérieur plutôt que de rester au foyer ; beaucoup se sentent en effet contraintes, pour des raisons financières, d’occuper un emploi hors du domicile. Par ailleurs, travailler depuis chez soi tout en s’occupant de ses enfants ne saurait être assimilé au fait d’exercer une activité professionnelle à l’extérieur tout en confiant ses enfants à une structure d’accueil.
La séparation des enfants d’avec leur mère a des répercussions négatives bien plus profondes qu’on ne le soupçonne. Un psychanalyste de renom a récemment averti, par exemple, que les modes de garde collectifs sont « absolument désastreux » pour les enfants de trois ans et moins, en raison de la montée en flèche de leur niveau de stress liée à la séparation d’avec leur mère.
« Les études montrent que les bébés placés en structure d’accueil présentent des taux de cortisol salivaire extrêmement élevés », souligne le Dr Erica Komisar, en faisant référence à la principale hormone du stress chez l’être humain. Chez les enfants de moins de trois ans séparés de leur mère ou de leur figure d’attachement principale, ces taux de cortisol atteignent des niveaux « vertigineux ».
« Une telle augmentation des hormones du stress dans le cerveau empêche son développement normal. Elle contraint le cerveau à se structurer de manière pathologiquement adaptative, ce qui entraîne des altérations neurologiques », avertit le Dr Komisar. Rien que pour cette raison, les pouvoirs publics devraient encourager les femmes à rester au foyer auprès de leurs enfants, plutôt que de les en dissuader en cherchant à étouffer, censurer ou occulter les voix des influenceuses « tradwives ».
Ce qui est en jeu, ce n’est pas seulement le développement psychologique sain des futurs citoyens, mais aussi le bien-être des femmes elles-mêmes — que les autorités prétendent pourtant servir — ainsi que le bonheur des familles.
Comme l’a rapporté CNBC, en s’appuyant sur des travaux de l’institut Gallup, « les femmes font état, depuis des années, de niveaux d’épuisement professionnel supérieurs à ceux des hommes ; un écart qui a plus que doublé depuis 2019 ».
La volonté de marginaliser le rôle traditionnel d’épouse et de mère témoigne, en réalité, d’un parti pris hostile aux femmes, anti-féminin, selon lequel la valeur d’une femme dépendrait de sa carrière et de sa capacité à assumer un rôle traditionnellement masculin : celui de pourvoyeuse de revenus pour le foyer.
L’idée selon laquelle les femmes auraient besoin d’être « protégées » des conceptions associées au modèle de la « tradwife » laisse entendre, par ailleurs, que les femmes seraient comme des enfants, dotées d’une intelligence trop peu développée pour évaluer elles-mêmes les choix qui s’offrent à elles en matière de mode de vie. Cette croisade contre la maternité traditionnelle devrait inciter les Irlandaises à une réflexion : s’agit-il réellement d’émancipation féminine, ou bien d’autre chose ?
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