Parmi les notices du martyrologe en ce jour :
Cassíope, in ínsula Corcyra, sancti Donáti Epíscopi, de quo scribit beátus Gregórius Papa.
« A Cassiope, dans l’île de Corfou, saint Donat évêque, dont le bienheureux pape Grégoire fait mention. »
C’est un raccourci qui risque d’induire en erreur : on pourrait penser que ce Donat était évêque à Corfou et que saint Grégoire le Grand a parlé de lui.
Mais il s’agit de saint Donat évêque d’Euroea en Epire au IVe siècle, sur lequel on ne sait pas grand-chose.
En 602, les habitants d’Euroea, avec leur évêque Jean, et les reliques de saint Donat, fuient une invasion slave et se réfugient au nord de l’île de Corfou, à Kassiopi. L’évêque fait de l’église du lieu sa nouvelle cathédrale, ce que n’admet pas l’évêque de Corfou. Saint Grégoire le Grand est saisi de l’affaire, et nous avons les trois lettres par lesquelles il règle la question. Le pape rappelle que le métropolite de Nicopolis, d’où dépend Corfou, a déjà fait savoir que Kassiopi appartient clairement à la juridiction de l’évêque de Corfou. Mais il prend en compte que l’évêque réfugié a obtenu une exemption de la part de l’empereur de Constantinople. Il décide que les reliques de saint Donat seront de la garde exclusive de l’évêque d’Euroea, mais que celui-ci n’a aucune juridiction dans l’île de Corfou, et que lui, ses ouailles et les reliques devront retourner à Euroea dès que possible. Mais d’une invasion l’autre, les exilés resteront à Corfou, avec les reliques de saint Donat… jusqu’au pillage de l’île par les Vénitiens en 1125 ou 1126…
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