Les psaumes en grec et en latin

La liturgie traditionnelle latine a été démolie au moment où l’on faisait de l’œcuménisme un axe important de la doctrine post-conciliaire. Or le psautier latin et le psautier grec étaient quasiment identiques, le psautier latin étant une traduction du psautier grec. Il y avait là un élément important d’unité, les psaumes étant véritablement le socle de la liturgie. Mais on a détruit cela allègrement. On a « oublié » que le sacro-saint Concile imposait de dire l’office en latin (Sacrosanctum Concilium 101), on a imposé des « traductions » en langue vulgaire faites sur une nouvelle traduction latine (la « Néo-Vulgate »), on a censuré de nombreux versets et même supprimé plusieurs psaumes, et on a détruit le rythme liturgique, étendant le chant des psaumes de l’office sur quatre semaines, ce qui ne correspond à rien dans les traditions d’orient et d’occident.

Réfléchissant à cela, je me suis mis à comparer mot à mot les psaumes latins et grecs. Je suppose que cela a déjà été fait, mais je n’ai rien trouvé. Alors je l’ai fait pour moi-même, et voici le fruit de ce travail. On constatera que les différences entre les deux psautiers sont minimes. Surtout une fois qu’on a remarqué que le texte grec est souvent celui de l’Alexandrinus, alors que le texte latin est traduit d’un texte grec d’une autre tradition. La traduction latine est assez souvent d’une étonnante précision. Par exemple, dès le premier psaume, διεξόδους est traduit par « decursus », alors qu’il n’était pas nécessaire de traduire le préfixe grec : si l’on veut respecter cette traduction, en français on doit dire (le long du) « décours » (des eaux), alors que « cours » suffit. Tout au long du psautier latin on a « salutare », qui traduit exactement le grec σωτήριον. A priori le mot veut dire « moyen de salut », mais dans la Septante il veut le plus souvent dire simplement le salut. Donc aussi « salutare » dans le psautier latin.

Lorsque les versions liturgiques grecque et latine diffèrent, je suis allé voir ce qu’il en était dans les autres versions dont je dispose (voir ci-dessous).

Je ne fais pas état de certaines différences qui n’en sont pas. On sait que l’hébreu met des conjonctions de coordination partout, que le grec en garde beaucoup, le latin nettement moins. Je ne signale donc jamais la présence ou l’absence de καὶ : « et ». Ni de ce qu’il advient de la particule δὴ : elle souligne légèrement ce qui est dit et elle n’est pas traduite en latin, sauf dans le psaume 117 où il y a trois fois de suite εἰπάτω δὴ, traduit par « dicat nunc » : que dise maintenant. Dans le même psaume on retrouve δὴ deux fois non traduit. La meilleure « traduction » serait un point d’exclamation. Il en est de même pour le verbe « être » qui est sous-entendu quand il n’est pas écrit.

Je ne signale pas quand deux mots sont intervertis (le ciel et la terre, la terre et le ciel) ni quand un mot est au singulier dans une langue et que son équivalent exact est au pluriel dans l’autre langue, si le mot au pluriel doit être pris pour un collectif, comme cela se voit à l’évidence à la fin du psaume 50, où le grec ἀναφορὰν (oblation) est traduit par un pluriel latin : oblationes.

Je ne considère pas non plus comme une différence le fait de mettre un synonyme pour éviter une répétition. Pas davantage quand tous les témoins montrent que tel mot latin traduit tel mot grec mais que les dictionnaires ne sont que partiellement d’accord. Cela est reporté à une autre étude que je ferai si Dieu veut.

Pour éviter de fastidieuses répétitions, voici les abréviations utilisées :

G : texte du psautier liturgique grec, tel que publié par la « Diaconie apostolique de l’Eglise de Grèce », 16e édition 2024.

GI : autre version liturgique des paumes grecs qu’on trouve sur internet.

L : texte du psautier latin (dit « psautier gallican » pour le différencier du vieux « psautier romain »), celui de la Vulgate sixto-clémentine, celui des bréviaires traditionnels.

Rahlfs : c’est l’édition de la Septante par Alfred Rahlfs, revue par Albert Hanhart, 2006. (Pour les psaumes elle se fonde essentiellement sur les trois principaux codex : Vaticanus, Sinaiticus, Alexandrinus.)

VL : versions latines anciennes, avant la Vulgate (« Vetus latina »), selon Bibliorum sacrorum latinae versiones antiquae, du bénédictin Pierre Sabatier, publié en 1743. On a fait plus exhaustif depuis, mais ces trois volumes se trouvent sur internet.

Enfin j’ai consulté en permanence la Vulgate de Stuttgart, où le texte des psaumes a été établi selon les seuls manuscrits bilingues (grec-latin) ou trilingues (hébreu-grec-latin).

La numérotation des versets n’est pas toujours la même pour les psaumes en grec et en latin, d’où en ce cas la double numérotation.

Quand je dis « le grec », ce sont toutes les versions grecques désignées ci-dessus ; quand je dis « le latin », ce sont toutes les versions latines désignées ci-dessus.

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La phrase du jour

« Il n’y a pas d’Ukrainiens russophones. Il y a soit des Russes, soit des Ukrainiens que la Russie a entraînés dans son monde culturel, faisant d’eux de fait des traîtres. »

Iaroslav Iourtchychyne, député ukrainien, président de la commission parlementaire pour la liberté d’expression (sic).

Ils font la guerre depuis 2014 pour conserver des régions peuplées de Russes et de traîtres…

A Astrakhan

Le patriarche Cyrille a consacré ce matin (fête de la Nativité de la Mère de Dieu dans le calendrier russe) la cathédrale de l’Annonciation du monastère du même nom à Astrakhan. Cette église avait déjà été consacrée après sa construction au XVIIIe siècle, mais elle a été l’objet d’importants travaux de restauration. La nouvelle iconostase est impressionnante :