Leur propagande

Il y a depuis quelques jours une recrudescence de propagande ukrainienne mensongère, voire absurde, relayée telle quelle par nos gazettes. Hier je voulais en donner un échantillon, mais les « nouvelles » avaient disparu quand j’ai voulu les retrouver. C’était sans doute trop évidemment mensonger. Aujourd’hui on apprend notamment que le port de Marioupol a été « neutralisé ». Or ce n’est pas du tout ce que montrent… les images de la propagande ukrainienne : ce sont trois impacts de drones qui n’affectent en rien l’ensemble de ce gigantesque port.

Plus fort, ce titre du Parisien :

La vérité est que la Russie a perdu UN de ses satellites Rassvet. Ce sont 16 satellites Rassvet qui ont été lancés en mars dernier. Les 15 autres fonctionnent parfaitement. Et les six nouveaux prototypes Rassvet-1 et Rassvet-2 fonctionnent également. Mais il est si difficile d’admettre que la Russie est en train, aussi, de se doter d’un internet souverain, alors que nos sanctions ont détruit son économie…

Saint Luc de Simferopol

Le monde orthodoxe célèbre aujourd’hui saint Luc de Simferopol, mort le 11 juin 1961, canonisé par l’Eglise orthodoxe russe en 2000. Il s’agit d’un personnage véritablement hors du commun, comme le sont les innombrables miracles qui lui sont attribués.

Il est né Valentin Voïno-Iassenetski à Kertch, en Crimée, en 1877. En 1889 la famille s’installe à Kiev. Valentin y fait ses études de médecine, devient médecin et se spécialise en ophtalmologie.

Il commence à exercer dans un hôpital de Kiev. En 1904, lors de la guerre russo-japonaise, il est envoyé comme chirurgien dans un hôpital de campagne en Sibérie. Il se marie avec une infirmière qui va le conduire à la religion et lui donnera quatre enfants. Ils s’installent en Mordovie et Valentin devient médecin de campagne comme il le souhaitait. Mais il exerce aussi dans un hôpital et travaille sur les anesthésies locales.

En 1905 la famille s’installe dans la région de Koursk. En 1909 il est nommé médecin chef d’un hôpital de la région de Saratov. En 1915 il publie un livre sur l’anesthésie locale, où il propose une nouvelle méthode. En 1917 il devient chef de l’hôpital de Tachkent. A la révolution il est arrêté comme « bourgeois ». Il doit être exécuté mais parmi ses bourreaux il y a des hommes qu’il a guéris…

L’évêque lui propose de devenir prêtre. Il accepte. En 1921 il devient diacre, puis prêtre. Il va continuer d’opérer, en soutane, se signant avant chaque opération, faisant le signe de la croix à la teinture d’iode sur la partie du corps à opérer.

En 1923 la majorité des prêtres du Turkestan rejoint la fausse « Eglise vivante » fabriquée par le pouvoir communiste. Le père Valentin refuse. Les orthodoxes le choisissent alors comme évêque. Il est sacré secrètement par des évêques exilés. Une semaine après il est arrêté pour avoir des contacts avec les Cosaques anticommunistes. Il est envoyé en exil en Sibérie. Problème : ses travaux sont connus de la communauté médicale dans le monde entier. Kirov en personne tente de lui demander d’abandonner l’Eglise, en échange de quoi on lui financera un institut de recherche rien que pour lui. Il refuse, et il est renvoyé en exil.

En 1934 il revient à Tachkent où il fonde la faculté de médecine. Et il publie un livre qui fait date : Essai sur la chirurgie des purulences.

En 1936 il est arrêté et torturé. Il tient bon. En 1938 il est renvoyé en Sibérie.

Au début de la Seconde Guerre mondiale il demande à pouvoir soigner gratuitement les blessés sur le front, promettant de retourner en exil à la fin de la guerre. Il devient chirurgien en chef d’un hôpital militaire.

En 1942 il est élevé au rang d’archevêque. En 1944, toujours en exil, il publie un nouveau livre de chirurgie qui lui vaut… le prix Staline.

Il est transféré à l’hôpital militaire de Tambov… et nommé archevêque de Tambov.

En 1945 il écrit son fameux livre L’Esprit, l’âme et le corps.

En 1946 il devient archevêque de Simferopol en Crimée. Il meurt en 1961.

Le grand nombre de guérisons sur sa tombe ont conduit à son exhumation et au transfert de son corps (incorrompu) en 1996. Il a été canonisé en 2000 par l’Eglise orthodoxe russe, mais il est vénéré autant en Grèce que chez les orthodoxes slaves. Le métropolite Panteleimon de Veroia et Naoussa racontait en 2023 :

Ce soir, j’aimerais vous lire deux apparitions remarquables de saint Luc, telles que les ont décrites nos frères qui en ont fait l’expérience.
La première est racontée par un prêtre de Mytilène :
Il y a environ cinq ans, écrit-il, je me préparais à subir une opération à cœur ouvert à l’hôpital Onassis. La veille de l’intervention, l’assistant du professeur s’est approché de moi et m’a demandé : « Êtes-vous de Mytilène ? Êtes-vous le père I. ? » Lorsque je lui ai assuré que j’étais bien la personne à laquelle il faisait référence, il a poursuivi en me disant : « La nuit dernière, saint Luc, évêque de Simferopol et de Crimée, m’est apparu en rêve et m’a dit : « Demain, vous opérerez un prêtre de Mytilène. Il s’appelle I. Je serai à vos côtés et je vous guiderai pour que vous sachiez exactement quoi faire. » Il convient de noter, écrit le prêtre, que c’était la première fois que je voyais l’assistant de ce professeur, et qu’il ne m’avait jamais rencontré non plus. Cinq ans se sont écoulés depuis, et grâce à sa bénédiction et à sa grande grâce miraculeuse, je suis en parfaite santé, louant Dieu et saint Luc.
La deuxième apparition est décrite par l’un de nos frères de Vyronas :
En décembre 2010, écrit-il, les saintes reliques de saint Luc ont été amenées à l’église de la Transfiguration du Sauveur à Vyronas pour être vénérées. Je suis allé les vénérer et j’ai demandé au saint de m’aider, car je devais subir une opération quelques jours après. Le 20 décembre, j’ai subi une ablation de ganglions lymphatiques, en raison d’un cancer, à l’hôpital Evgenidion. Pendant l’opération, alors que j’étais sous anesthésie, j’ai vu un homme grand, à la longue barbe, habillé en médecin, portant des lunettes, debout à gauche de mon lit, l’air très sérieux, qui me disait : « Calme-toi, n’aie pas peur. » Il observait ensuite les médecins qui, du côté droit du lit, m’opéraient. Sans aucun doute, c’était saint Luc, tel que je l’avais reconnu sur ses icônes. Mon réveil de l’anesthésie s’est très bien passé et l’opération a été un succès total, conclut notre frère, exprimant sa gratitude envers saint Luc pour sa protection, que le saint offre à ceux qui cherchent et demandent son aide.

Les témoignages de ce genre sont très nombreux, et font souvent penser aux guérisons opérées par saint Charbel.

Saint Barnabé

En ce jour la liturgie byzantine célèbre « les saints apôtres Barthélemy et Barnabé ». Aux matines chacun a son canon. Voici l’ode 8 du canon de saint Barnabé.

En bienfaiteur, Source de vie, tu as poussé l’admirable Paul et l’illustre Barnabé, comme chevaux, à piétiner l’onde amère des nations, pour en chasser l’erreur des multiples dieux par l’enseignement de la foi.

Etant Dieu, Esprit consolateur et tout-puissant, en ton Eglise tu plaças des luminaires étincelants pour qu’ils annoncent la puissance du Fils et du Père, en s’écriant : Toutes ses œuvres, bénissez le Seigneur.

Comme soleil tu brillas en ce monde clairement au contact du mystique Soleil, au point de devenir par ta luminosité une clarté seconde révélant à tous la puissance du mystère divin.

Ayant brillé sur la terre entière par tes enseignements, tu as obtenu dans les parvis célestes, Barnabé, l’ineffable béatitude, en recevant du Maître la splendide couronne méritée.

L’apolytikion de saint Barnabé, propre à Chypre semble-t-il :

Τὸ μέγα κλέος τῆς Κύπρου, τῆς Οἰκουμένης τὸν κήρυκα,τῶν Ἀντιοχέων τὸν πρῶτον τῆς χριστωνύμου κλήσεως ἀρχιτέκτονα, τῆς Ρώμης τὸν κλεινόν εἰσηγητήν, καὶ θεῖον τῶν εθνῶν σαγηνευτήν, τὸ τῆς χάριτος δοχεῖον τοῦ Παρακλήτου Πνεύματος τὸν ἐπώνυμον, Ἀπόστολον τὸν μέγαν, τὸν τοῦ θείου Παύλου συνέκδημον, τῶν ἐβδομήκοντα πρῶτον, τῶν δώδεκα ἰσοστάσιον πάντες συνελθόντες σεπτῶς οἱ πιστοί, τὸν Βαρνάβαν ἄσμασι στέψωμεν, πρεσβεύει γαρ τω Κυρίῳ, ἐλεηθῆναι τὰς ψυχάς ἡμῶν.

La grande gloire de Chypre, le héraut de l’univers, le premier architecte de la vocation chrétienne des Antiochiens, l’illustre conseiller de Rome, et le divin pêcheur des nations, le réceptacle de la grâce de l’Esprit Paraclet, le grand apôtre, le compagnon du divin Paul, le premier des soixante-dix, l’égal aux douze, tous les fidèles s’étant rassemblés avec révérence, entourons Barnabé de nos chants, car il intercède auprès du Seigneur pour que nos âmes obtiennent miséricorde.

Il n’y a pas d’indication sur le chantre, mais les images sont celles d’une divine liturgie au monastère Saint-Barnabé érigé sur sa tombe près de Salamine, par l’actuel métropolite de Constantia (nom de Salamine après le IVe siècle). Mais le monastère est dans la zone turque, c’est officiellement un musée, et le métropolite ne réside pas à Salamine. Il semble que les Turcs permettent la célébration de la fête de saint Baranabé…

Le dernier tropaire de l’ode 7 chante ceci :

Chypre, qui t’a nourri, fait croître et fait fleurir pour le Christ comme suave essence de la foi, se réjouit en ce jour ; en retour, par ton intercession délivre-la de toute oppression.

Les Ukrainiens détruisent « leur » patrimoine

Ce matin, les Ukrainiens ont lancé un drone sur le bâtiment du « Panorama du siège de Sébastopol », à Sébastopol. Le toit a été détruit, et la peinture gravement endommagée.

La dernière fois que c’est arrivé c’était par un bombardement des nazis en 1942 : les Ukrainiens ont le sens de la continuité historique…

Mais on notera que selon leur idéologie ce monument fait partie du patrimoine historique de l’Ukraine, puisque la Crimée selon eux fait partie de l’Ukraine : donc ils détruisent leur patrimoine.

Le « Panorama du siège de Sébastopol » est une peinture circulaire de 115 mètres de long sur 14 mètres de hauteur. Elle illustre par le menu la bataille au cours de laquelle quelque 173.000 Britanniques et Français furent repoussés par 75.000 Russes. Y figurent notamment des portraits de l’amiral Nakhimov, de l’infirmière Dacha et du chirurgien Pirogov. (La peinture en haute définition ici.)

C’est une œuvre de François Roubaud, né en 1856 à Odessa de parents français, devenu à Saint-Pétersbourg le peintre russe Frants Roubo, connu pour ses gigantesques peintures circulaires, établi ensuite à Munich.

Ci-dessous in situ la visite d’une autre œuvre circulaire de François Roubaud, la Bataille de Borodino.