℟. Nihil inquinátum in eam incúrrit : * Candor est lucis ætérnæ et spéculum sine mácula. ℣. Est enim hæc speciósior sole, et luci comparáta invenítur púrior. ℟. Candor est lucis ætérnæ et spéculum sine mácula. ℣. Gloria Patri et Filio et Spiritui Sancto. ℟. Candor est lucis ætérnæ et spéculum sine mácula.
La moindre impureté ne peut se trouver en elle, car elle est la splendeur de la lumière éternelle et le miroir sans tache. Elle est plus belle que le soleil, comparée à la lumière, elle sera trouvée plus pure. Car elle est la splendeur de la lumière éternelle et le miroir sans tache.
Traité des sacrements, fin du troisième livre – à propos du baptême.
Un aveugle se présenta au Sauveur pour être guéri. Celui-ci guérissait les autres par sa parole et son discours et rendait la lumière des yeux par son commandement. Cependant dans le livre de l’évangile intitulé selon Jean – celui qui plus que les autres vit de grands mystères, les représenta et les expliqua – il voulut préfigurer en cet homme le mystère présent. Sans doute tous les évangélistes sont saints, tous les apôtres, hormis le traître, sont saints. Pourtant saint Jean, qui écrivit le dernier l’évangile, comme un familier recherché et choisi par le Christ, fit entendre les mystères éternels avec une trompette plus puissante. Tout ce qu’il dit est mystère. Un autre a dit qu’un aveugle a été guéri. Matthieu l’a dit, Luc l’a dit, Marc l’a dit. Qu’est-ce que Jean est seul à dire ? « Il prit de la boue, l’étendit sur ses yeux et lui dit : Va à Siloam. Il se leva, s’en alla, se lava et revint avec la vue. »
Considère, toi aussi, les yeux de ton cœur. Tu voyais ce qui est corporel, avec les yeux de ton corps ; mais ce qui concerne les sacrements, tu ne pouvais pas encore le voir des yeux de ton cœur. Quand donc tu t’es fais inscrire, il a pris de la boue et te l’a étendue sur les yeux. Qu’est-ce que cela signifie ? Que tu avais à reconnaître ton péché, à examiner ta conscience, à faire pénitence de tes fautes, c’est-à-dire, à reconnaître le sort de la race humaine. Car, bien que celui qui vient au baptême ne confesse pas de péché, cependant il fait par là même la confession de tous ses péchés, parce qu’il demande le baptême pour être justifié, c’est-à-dire pour passer de la faute à la grâce.
Ne croyez pas que c’est inutile. Il y en a, je sais au moins qu’il y en eut un qui répondait, quand nous lui disions : « A ton âge tu as une plus grande obligation de te faire baptiser », il répondait : « Pourquoi me faire baptiser ? Je n’ai pas de péché. Est-ce que j’ai commis un péché ? » Celui-là n’avait pas de boue, parce que le Christ ne la lui avait pas étendue sur les yeux, c’est-à-dire qu’il ne lui avait pas ouvert les yeux. Car personne n’est sans péché.
Il se reconnaît donc homme, celui qui cherche refuge au baptême du Christ. Ainsi donc il t’a mis de la boue, à toi aussi, c’est-à-dire la crainte respectueuse, la prudence, la conscience de ta faiblesse, et il t’a dit : « Va à Siloam. » Qu’est-ce que Siloam ? « Cela se traduit, dit-il, par envoyé. » C’est-à-dire : « Va à la fontaine où l’on prêche la croix du Seigneur, à cette fontaine où le Christ a racheté les erreurs de tous. »
Tu y es allé, tu t’es lavé, tu es venu à l’autel, tu as commencé à voir ce que tu ne voyais pas avant, c’est-à-dire que par la fontaine et la prédication de la passion du Seigneur tes yeux se sont ouverts. Toi qui semblais avoir le cœur aveuglé, tu t’es mis à voir la lumière des sacrements.
Nous voici donc arrivés, frères très chers, jusqu’à l’autel, à un sujet d’entretien plus riche. A l’heure qu’il est, nous ne pouvons pas entreprendre l’explication complète, parce que cet entretien est trop long. Contentez-vous de ce qui a été dit aujourd’hui, et demain, s’il plaît au Seigneur, nous vous entretiendrons des sacrements eux-mêmes.
Père Nicolas, même si Myre se tait, le monde entier, illuminé par ta clarté, le parfum que ton sépulcre fait couler et la multitude de tes miracles éclatants, sans oublier les condamnés qui furent sauvés par toi, crient leur louange en des chants élogieux ; et nous joignant aux habitants de Myre nous te crions, nous aussi : Intercède pour le salut de nos âmes.
Cieux, répandez votre rosée ; et que les nuées fassent pleuvoir le Juste.
Ne irascáris Dómine, ne ultra memíneris iniquitátis: ecce cívitas Sáncti fácta est desérta: Síon desérta fácta est: Jerúsalem desoláta est: dómus sanctificatiónis túæ et glóriæ túæ, ubi laudavérunt te pátres nóstri.
Ne vous irritez plus, Seigneur, ne vous souvenez plus désormais de notre iniquité. Voilà que la cité du Saint est devenue déserte, Sion est dans la solitude, Jérusalem est désolée, cette maison consacrée à votre culte et à votre gloire, où nos pères ont chanté vos louanges.
Peccávimus, et fácti súmus tamquam immúndus nos, et cecídimus quasi fólium univérsi: et iniquitátes nóstræ quasi véntus abstulérunt nos: abscondísti faciem túam a nóbis, et allisísti nos in mánu iniquitátis nóstræ.
Nous avons péché, et nous sommes devenus comme le lépreux ; et nous sommes tous tombés comme la feuille ; et comme un vent impétueux, nos iniquités nous ont enlevés et dispersés. Vous avez caché votre face à nos regards, et vous nous avez brisés par la main de notre iniquité.
Víde Dómine afflictiónem pópuli túi, et mítte quem missúrus es: emítte Agnum dominatórem térræ, de Pétra desérti ad móntem fíliæ Síon: ut áuferat ípse júgum captivitátis nóstræ.
Voyez, Seigneur, l’affliction de votre peuple, et envoyez Celui que vous devez envoyer. Faites sortir l’Agneau qui doit dominer sur la terre; qu’il s’élance de la pierre du désert sur la montagne de la fille de Sion, afin qu’il enlève lui-même le joug de notre captivité.
Consolámini, consolámini, pópule méus: cito véniet sálus túa: quare mæróre consúmeris, quia innovávit te dólor? Salvábo te, nóli timére, égo enim sum Dóminus Déus túus, Sánctus Israël, Redémptor túus.
Console-toi, console-toi, ô mon peuple ! bientôt viendra ton salut: pourquoi te consumes-tu dans la tristesse? Pourquoi la douleur s’est-elle emparée de toi ? Je te sauverai, ne crains point : car je suis le Seigneur ton Dieu, le Saint d’Israël, ton Rédempteur.
Au sixième mois, l’ange Gabriel a été envoyé dans une cité de Galilée du nom de Nazareth à une femme promise en mariage à un homme du nom de Joseph. Le saint évangéliste indique le temps, le lieu, la personne pour que la vérité du récit soit corroborée par les détails précis des évènements. L’ange a été envoyé à une vierge promise en mariage. A une vierge, Dieu envoie un messager ailé. Car il donne des gages, il reçoit la dot celui qui apporte la grâce. Car il ramène la foi, et livre les dons de la vertu celui qui déliera bientôt la vierge de la promesse de se marier. L’interprète de la pensée divine se dirige à toute vitesse vers l’épouse, pour qu’à l’épouse de Dieu il enlève et arrache toute attache sensible à un époux humain. Il n’enlève pas une vierge à Joseph, mais la rend au Christ, à Qui elle est donnée en gage pour qu’Il naisse dans l’utérus. Le Christ reçoit donc son épouse ; Il ne s’empare pas de celle d’un autre. Et Il ne fait pas de séparation quand Il s’unit dans un seul corps à sa créature.
Mais écoutons ce que l’ange a fait. Après être entré chez elle, l’ange dit : Salut, pleine de grâces, le Seigneur est avec toi. Dans cette voix, il y a une offrande, l’offrande d’un don, non la prestation d’une simple salutation. Salut ! Ce qui veut dire : Reçois la grâce ! Que la nature ne t’apporte ni trouble ni inquiétude !
Pleine de grâces. Parce que dans les autres, il y a la grâce, mais en toi, c’est toute la plénitude de la grâce qui viendra.
Le Seigneur est avec toi. Comment est-il en toi le Seigneur ? Parce qu’Il ne vient pas à toi pour te faire une visite courtoise, mais pour pénétrer en toi dans un nouveau sacrement de naissance.
Il a ajouté ces paroles qui convenaient à merveille : Tu es bénie entre toutes les femmes. Parce que l’Ève maudite avait puni les viscères des femmes ; la Mare bénie se réjouit dans les femmes, est honorée en elles, et est reçue en elles. Et elle est devenue en toute vérité la mère des vivants par la grâce, celle qui avait été la mère des mourants par la nature.
En entendant cela, elle a été troublée par ses paroles. Parce qu’était venu un ange de belle apparence, fort comme un guerrier, poli et distingué, à la voix puissante, énonçant des choses humaines en promettant des divines. Ce sont les paroles qui troublèrent grandement la vierge, que la vue de l’ange avait peu inquiétée. Celle que la présence de l’envoyé avait peu alarmée a été secouée par tout le poids de l’autorité du messager. Et que dire de plus ? Elle sentit bientôt qu’elle avait reçu en elle le Juge suprême, là où auparavant elle n’avait vu et contemplé que celui qui avait été envoyé pour choisir le lieu de campement du Dieu des armées. Bien que ce fût d’un mouvement plein d’attention, et avec une affection pieuse, que Dieu transforma la vierge en Sa mère, l’esclave en Sa parente, les organes se sont quand même troublés, l’esprit a cherché à fuir, toute la personne a tremblé quand Dieu, que toute la création ne contient pas, s’est renfermé tout entier dans un sein humain. Et elle se demandait ce que signifiait cette salutation. Que votre charité remarque, comme nous l’avons dit, que la vierge a consenti à la salutation non à cause des paroles, mais à cause des grâces qu’elles apportaient. Et la voix n’était pas celle d’un hommage ordinaire, mais elle avait toute la puissance d’une vertu céleste.
La vierge réfléchit, car répondre tout de suite est un signe de légèreté. Réfléchir avant de parler est le signe d’un jugement mûr et pondéré. Il ignore quelle est la grandeur de Dieu celui qui n’éprouve aune admiration pour l’intelligence et l’âme de cette vierge. Le ciel est épouvanté, les anges tremblent, la création n’en revient pas, la nature est suffoquée à la pensée qu’une jeune fille reçoive Dieu dans son sein, l’accueille, lui offre l’hospitalité pour rendre la paix à la terre, la gloire au ciel, le salut aux condamnés, la vie aux morts. Pour établir une parenté entre la terre et le ciel, l’alliance de Dieu Lui-même avec la chair, exiger une demeure comme indemnité, et conquérir un utérus pour sa propre récompense. Pour accomplir cette parole du Prophète : Voici l’hérédité du Seigneur et sa récompense : des fils, les fruits du ventre (psaume 126).