De la férie

Le martyrologe romain commence ainsi :

A Rome, les saints Ampliat, Urbain et Narcisse, dont parle saint Paul dans l’épitre aux Romains. Ils furent massacrés par les Juifs et les païens, en haine de l’évangile du Christ.

A Constantinople, saint Stachis évêque, qui fut ordonné premier évêque de cette ville par le bienheureux Apôtre André.

Saint André et saint Stachys, mosaïque à l’entrée du Phanar.

Le calendrier byzantin célèbre aussi saint Stachys ce jour, et en même temps les saints Apelle, Amplias, Urbain, Aristobule et Narcisse. Car la tradition byzantine considère que ce Stachys est celui que cite saint Paul à la fin de l’épître aux Romains, après Amplias et Urbain, avant Appelle, Aristobule et Narcisse (et d’autres).

Selon la tradition, Stachys était l’un des 70 disciples du Seigneur et fut donc ordonné premier évêque de Byzance par saint André, en 38, et il est mort martyr en 54.

Le lucernaire commence ainsi :

Par toute la terre a retenti votre message de salut, glorieux Apôtres du Seigneur, faisant luire la grâce en tous les cœurs et dissipant les ténèbres de l’erreur ; intercédez pour qu’à nos âmes soient données la paix et la grâce du salut.

Stachys, le bienheureux prédicateur, l’apôtre du Christ, l’admirable Apelle, Aristobule et Urbain, Amplias et Narcisse le divin, prêchant la très-sainte Trinité, illuminèrent, pour les sauver de l’esclavage, les nations ; et nous fidèles, disons-les bienheureux.

Luminaires étincelants, vases très-purs de Jésus Christ ayant reçu par la foi tout l’éclat de l’Esprit, colonnes de l’Eglise, cieux illustres proclamant la gloire de Dieu, intercédez auprès de lui pour qu’à nos âmes soient données la paix et la grâce du salut.

Le martyrologe romain évoque aussi en ce jour saint Quentin.

(Pour moi c’est toujours la vigile de la Toussaint.)

De la férie

Il y a aujourd’hui au martyrologe un saint Zénobe martyr, comme hier. Mais en un autre endroit et quelques années plus tôt. Et avec sa sœur Zénobie…

Saint Zénobe et sa sœur Zénobie étaient originaires d’un village de Cilicie nommé Egès [Egée dans le martyrologe romain]. Elevés par leur pieux parents dans les solides principes de la foi évangélique, ils distribuèrent à la mort de ces derniers leurs biens aux pauvres. Zénobe, qui avait appris la médecine, l’exerça dès lors gratuitement pour tous ceux qui venaient vers lui, utilisant moins les remèdes habilement préparés que l’invocation du seul Nom qui puisse sauver dans cette vie et dans l’autre, celui de Notre Seigneur Dieu et Sauveur Jésus Christ. Vers l’an 290, l’empereur impie Dioclétien envoya en Cilicie Lysias, un préfet cruel et implacable, pour persécuter les Chrétiens. Ayant entendu parler de la réputation de Thaumaturge de Zénobe, que sa charité et sa compassion pour tous avaient élevés à la charge d’Evêque d’Egès, Lysias le fit comparaître à son tribunal et tenta de le convaincre de renier le Christ, espérant ainsi entraîner tout son diocèse. Loin de craindre les tortures, Zénobe confessa le Christ et déclara que son seul désir était de mourir pour Lui, afin d’acquérir la vie éternelle. Le tyran le fit suspendre à un gibet et lui fit déchirer tous les membres du corps. Apprenant nouvelle de la capture de son frère, Zénobie accourut vers le lieu du supplice et, à la vue de ce triste spectacle, elle ne put retenir sa colère contre le gouverneur. Celui-ci chercha d’abord à l’adoucir, puis la menaça de la honte publique. Rien ne put toutefois convaincre la jeune fille d’abandonner la foi. On les étendit tous deux sur un lit de fer couvert de charbons ardents, puis, comme ils restaient insensibles à la douleur, rafraîchis par une divine rosée, on les jeta dans un chaudron d’eau bouillante. Enfin, on les emmena hors de la ville et on leur trancha la tête, en leur offrant ainsi la couronne de la victoire. (Synaxaire du P. Macaire de Simonos Petra, au 30 octobre).

Tropaire

Tes Martyrs, Seigneur, pour le combat qu’ils ont mené ont reçu de toi, notre Dieu, la couronne d’immortalité ; animés de ta force, ils ont terrassé les tyrans et réduit à l’impuissance l’audace des démons ; par leurs prières sauve nos âmes, ô Christ notre Dieu.

De la férie

Le martyrologe romain mentionne d’abord aujourd’hui un saint Maximilien évêque et un saint Valentin confesseur, sans aucune précision de lieu ni de date. En deuxième position il y a saint Zénobe de Sidon, martyr à Tyr. On pensera aux chrétiens de Tyr et Sidon sous les bombes israéliennes.

ZÉNOBE (St), m. (M. R. 19 oct ) IVe s. Zénobe, prêtre de Sidon, connaissait aussi la médecine il rendit un premier témoignage à Jésus-Christ dans la ville d’Antioche au début de la persécution de Dioclétien. Quelques années après il se trouvait à Tyr en Phénicie il encouragea les chrétiens persécutés et partagea bientôt leur sort en recevant la couronne du martyre (a. 310). (Dom Jules Baudot, Dictionnaire d’hagiographie, 1925.)

Saints Simon et Jude

Deus, qui nos per beatos Apóstolos tuos Simónem et Iudam ad agnitiónem tui nóminis veníre tribuísti : da nobis eórum glóriam sempitérnam et proficiéndo celebráre, et celebrándo profícere.

O Dieu, vous nous avez accordé la grâce de parvenir à la connaissance de votre nom par vos bienheureux Apôtres Simon et Jude : faites qu’en progressant nous célébrions leur gloire éternelle et qu’en la célébrant nous progressions.

L’oraison de cette fête se termine par un magnifique chiasme, qui montre qu’une figure de style peut avoir une très profonde signification spirituelle. On pense ici à la doctrine de l’épectase selon saint Grégoire de Nysse : chaque étape de l’ascension spirituelle, de la déification, est une arrivée et un point de départ, indéfiniment, et dit-il, non seulement en cette vie, mais dans l’autre. « La part sans cesse atteinte de cette nature bienheureuse des biens est abondante, mais la surabondance de ce que l’on obtient éternellement est infinie, et cela est sans fin pour celui qui y prend part, et les progrès, pour ceux qui y participent, passant par des biens toujours plus grands, perdurent dans toute l’éternité des siècles. » (Homélies sur le Cantique des cantiques.)

Le Christ Roi

Quel intérêt pour le Roi des siècles de devenir le roi des hommes ? Le Christ n’est pas roi d’Israël pour lever un tribut, pour équiper une armée ou pour combattre des ennemis visibles, mais pour gouverner les âmes, pour veiller à leur salut éternel, et pour conduire au royaume des cieux ceux qui croient, espèrent et aiment. Pour le Fils de Dieu égal au Père, Verbe « par qui tout fut fait », c’est donc une condescendance de consentir à être roi d’Israël et non une promotion. C’est la marque de sa miséricorde, bien loin d’être un accroissement de pouvoir. II est au ciel le Seigneur des anges celui qui reçoit sur terre le nom de roi des Juifs… Mais le Christ n’est-il que roi des Juifs ? Ne l’est-il pas de toutes les nations ? — Bien sûr que si ! Il l’avait dit prophétiquement : « J’ai été constitué par Dieu roi sur Sion, sa montagne sainte, je publierai le décret du Seigneur. » Mais, puisqu’il s’agit de la montagne de Sion, on pourrait dire qu’il a été constitué roi des Juifs seulement, aussi les versets suivants déclarent-ils : « Le Seigneur m’a dit : tu es mon fils, c’est moi qui t’engendre aujourd’hui ; demande et je te donnerai les nations pour héritage et pour ta possession les confins de la terre. »

Jésus répondit : « Mon royaume n’est pas de ce monde. Si mon royaume était de ce monde, mes gens auraient combattu pour que je ne fusse pas livré aux Juifs. Mais mon royaume n’est pas d’ici. » Voici l’enseignement que notre bon Maître a voulu nous donner ; mais il fallait d’abord nous faire connaître quelle fausse opinion les gens (païens ou juifs de qui Pilate l’avait recueillie) s’étaient faite sur le royaume de Dieu. Gomme si le Christ avait été condamné à mort, pour avoir brigué un règne indu ou comme s’il avait fallu s’opposer prudemment au danger que son royaume aurait fait courir soit aux Romains, soit aux Juifs, étant donné la jalousie réciproque habituelle aux souverains !

Le Seigneur aurait pu répondre : « Mon royaume n’est pas de ce monde », dès la première question du procurateur : « Es-tu le roi des Juifs ? ». Mais il préféra interroger Pilate à son tour : « Dis-tu cela de toi-même, ou d’autres te l’ont-ils dit de moi ? », pour lui prouver d’après sa réponse qu’il s’agissait là d’une accusation jetée par les juifs devant le gouverneur. Ainsi le Christ nous dévoile-t-il les pensées des hommes dans toute leur vanité qu’il connaît fort bien. Après la réponse de Pilate, c’est donc avec plus d’à-propos encore qu’il peut rétorquer, s’adressant à la fois aux Juifs et aux païens : « Mon royaume n’est pas de ce monde. »

Saint Augustin, traité 115 sur saint Jean, leçon des matines.

• L’introït.

• Le graduel.

• L’alléluia.

• L’offertoire.

• La communion.

• Les antiennes de Benedictus et de Magnificat.

• Les répons des matines.