De la Sainte Vierge le samedi

Quid dicébas, o Adam ? Múlier quam dedísti mihi, dedit mihi de ligno, et comédi. Verba malítiæ sunt hæc, quibus magis áugeas quam déleas culpam. Verúmtamen Sapiéntia vicit malítiam. Rédditur nempe fémina pro fémina, prudens pro fátua, húmilis pro supérba ; quæ pro ligno mortis gustum tibi pórrigat vitæ, et pro venenóso cibo illo amaritúdinis, dulcédinem páriat fructus ætérni. Muta ergo iníquæ excusatiónis verbum in vocem gratiárum actiónis, et dic : Dómine, múlier quam dedísti mihi, dedit mihi de ligno vitæ, et comédi ; et dulce factum est super mel ori meo, quia in ipso vivificásti me. Ecce enim ad hoc missus est Angelus ad Vírginem. O admirándam et omni honóre digníssimam Vírginem ! O féminam singuláriter venerándam, super omnes féminas admirábilem, paréntum reparatrícem, posterórum vivificatrícem !

Adam ! Que disais-tu ? « C’est la femme que tu as mise auprès de moi qui m’a donné de l’arbre, et j’ai mangé ! » Ce sont des paroles perfides. Par elles tu augmentes la faute plus que tu ne l’effaces. Cependant la Sagesse a vaincu la perfidie. Il fut donné femme pour femme ; la prudente pour l’étourdie ; l’humble pour l’orgueilleuse. Au lieu du bois de la mort, qu’elle t’offre le goût de la vie, et au lieu de cet aliment empoisonné d’amertume, qu’elle engendre la douceur du fruit éternel. Transforme donc la parole de malhonnête excuse en chant d’action de grâces, et dis : Seigneur, la femme que tu as mise auprès de moi m’a donné de l’arbre de vie, et j’ai mangé, et c’est devenu doux à mon palais plus que le miel, car par lui tu m’as rendu la vie. Voilà pourquoi l’ange fut envoyé à la Vierge ! O Vierge admirable, la plus digne de tout honneur ! O femme singulièrement vénérable, merveilleuse au-delà de toutes les femmes ; pour les parents, réparatrice ; pour les enfants, vivificatrice.

Saint Bernard, De laudibus Mariae, 2e homélie, leçon des matines.

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Le 26 octobre est dans le calendrier orthodoxe russe l’une des deux principales fêtes de l’icône dite Iverskaïa portaïtissa : l’icône de la Mère de Dieu portière d’Iveron. L’icône authentique, du IXe siècle, se trouve au monastère d’Iveron, sur l’Athos. Selon l’histoire du monastère, elle était arrivée par la mer. Les moines l’installèrent dans l’église, mais ils la retrouvèrent au-dessus de la porte. Cela se reproduisit plusieurs fois, jusqu’’à ce que la Mère de Dieu apparaisse à un moine, lui disant qu’elle ne voulait pas être gardée par les moines, mais qu’elle voulait garder les moines. Depuis lors elle est au-dessus de la porte. La rumeur des miracles accomplis par l’icône se répandit en Russie, et au début du XVIIe siècle l’archimandrite qui deviendrait ensuite le patriarche Nikhon commanda une copie de l’icône au moine d’Iveron venu faire une collecte à Moscou. La copie arriva à Moscu en 1648 (c’est celle qui est reproduite ci-dessus). L’Iverskaïa est devenue l’une des plus populaires icônes de la Mère de Dieu en Russie.

De la férie

On fait mémoire des saints Chrysanthe et Darie : leur histoire dans le synaxaire, extraits de la liturgie byzantine : 1, 2, 3.

Le martyrologe de ce jour se termine ainsi :

Gavális, in Gállia, sancti Hilárii Epíscopi.

Ce “Gavalis” est bizarre, car il s’agit du territoire des Gabales, et en latin c’était bien Gabales, dont la capitale était une vraie ville romaine : Anderitum, avec basilique, thermes, etc. Au IIIe siècle Anderitum devient Ad Gabales, et c’est aujourd’hui Javols. Le Gabalitanus pagus, pays des Gabales, donnera Gévaudan, et ce sera le diocèse de Mende. Le martyrologe signale donc celui qu’on appelle saint Hilaire, ou Ilaire, de Mende.

Il aurait fondé d’abord un ermitage près de Mende, puis un grand monastère dans les gorges du Tarn. Il participe au concile de Clermont, en 535, avec notamment saint Césaire d’Arles, et il se rend à plusieurs reprises au monastère de Lérins. Il est mort vers 545.

Dans la langue locale on l’appelait sanch Ely, d’où les Saint-Chély de Lozère et d’Aveyron.

Petit à petit…

Le dicastère du culte divin interdit la messe traditionnelle à la cathédrale Saint-Eugène de Santa Rosa (au nord de San Francisco). Il n’y avait pas d’autre messe traditionnelle dans ce diocèse.

Le texte n’a pas été divulgué, mais selon la source de Life Site News il cite saint Ignace d’Antioche et la Constitution de Vatican II sur la liturgie…

Santa Rosa est à une heure de route de San Francisco, et c’est évidemment un avertissement pour Mgr Cordileone, l’archevêque de San Francisco, qui ose permettre encore une messe traditionnelle… mensuelle dans sa cathédrale.

Saint Raphaël

Mosaïque de James Powell and Sons, église Saint-Jean de Warminster, Wiltshire, Angleterre, 1888.

Sermon de saint Bonaventure, dans le bréviaire avant 1960.

Le nom de Raphaël veut dire médecine de Dieu. Et nous devons remarquer qu’on peut être retiré du mal par trois bienfaits que saint Raphaël nous accorde quand il nous guérit.

D’abord Raphaël, le médecin céleste, nous arrache à l’infirmité spirituelle en nous amenant à l’amertume salutaire de la contrition, à laquelle se rapporte ce que Raphaël dit à Tobie : Dès que tu seras entré dans ta maison, oins ses yeux avec du fiel. Il le fit et son père recouvra la vue. Pourquoi ne dut-ce point être Raphaël lui-même qui fit cette onction ? Parce qu’un Ange ne donne point la componction ; son rôle est d’en montrer la voie. En ce fiel nous voyons donc l’image de l’amertume de la contrition, laquelle rend sains les yeux intérieurs de l’âme ; un psaume nous dit : « Il guérit ceux qui sont contrits de cœur. » Cette contrition est un collyre excellent. Au deuxième chapitre du livre des Juges, il est raconté que l’Ange monta auprès de ceux qui versaient des larmes et dit au peuple : « Je vous ai retirés de la terre d’Egypte ; j’ai accompli pour vous tant et tant de choses bonnes, et tout le peuple pleura de telle sorte que ce lieu fut appelé le lieu de ceux qui pleurent. » Mes très chers, les Anges nous parlent tout le long du jour des bienfaits de Dieu et nous les remettent en mémoire : Ils semblent nous dire : Qui t’a créé ? Qui t’a racheté ? Qu’as-tu fait ? Qu’as-tu offensé ? Or, si nous nous arrêtons à considérer ce qui en est, nous ne trouverons d’autre remède que de pleurer.

Secondement, saint Raphaël nous arrache à la servitude du diable, quand il fait pénétrer en nous le souvenir de la passion du Christ en figure de laquelle il est dit au sixième chapitre de Tobie : Si tu mets une parcelle de son cœur sur des charbons ardents, la fumée qui s’en dégagera mettra en fuite la race des démons. En effet, Raphaël relégua le démon dans un désert de la Haute-Egypte. Qu’est ceci ? Raphaël n’aurait pu éloigner le démon s’il n’avait mis le cœur sur des charbons ardents ? Est-ce le cœur d’un poisson qui donnait à l’Ange tant de pouvoir ? Nullement. Il serait demeuré sans aucune vertu s’il n’y avait eu ici un mystère. Par ce fait il nous est donné à entendre que rien aujourd’hui ne nous délivre de la servitude du diable comme la passion du Christ, et que cette passion procède de son cœur comme d’une racine, c’est-à-dire qu’elle est le fruit de son amour. Le cœur est en effet la source de toute notre chaleur vitale. Si donc tu mets le Cœur du Christ, c’est-à-dire la passion qu’il a soufferte et dont la racine est la charité, la source son ardeur, si tu mets ce Cœur divin sur des charbons en le rappelant à ta mémoire et que ton âme s’enflamme, aussitôt le démon sera éloigné, de sorte qu’il ne pourra te nuire.

Troisièmement l’Archange Raphaël nous délivre de la peine de nous trouver en opposition avec Dieu, peine que nous encourons en offensant ce Dieu ; il nous en délivre quand il nous amène à prier avec instance ; et à ceci je rapporte ce que l’Ange Raphaël dit à Tobie au douzième chapitre : Quand tu priais avec larmes, moi j’ai offert ton oraison au Seigneur. Les Anges nous réconcilient avec Dieu, dans la mesure où ils le peuvent. Nos accusateurs devant Dieu, ce sont les démons. Quant aux Anges, ils nous excusent, lorsqu’ils offrent nos prières, ces prières qu’ils nous ont porté à faire dévotement. On lit au huitième chapitre de l’Apocalypse : « La fumée des parfums s’éleva de la main de l’Ange en présence du Seigneur ». Ces parfums se consumant suavement sont les prières des Saints. Veux-tu plaire au Dieu que tu as offensé ? Prie dévotement. Ils offrent à Dieu ta prière pour te réconcilier avec lui. Il est dit en saint Luc que le Christ étant tombé en agonie priait plus instamment et qu’un Ange de Dieu lui apparut le fortifiant. Tout cela s’est accompli en notre faveur, car le Sauveur n’avait point besoin d’être fortifié par un messager céleste ; mais il en a été ainsi pour montrer que les Anges assistent volontiers ceux qui prient avec piété et volontiers les aident ; ils les fortifient et offrent leurs oraisons à Dieu.

Sainte Euphrosyne de Polotsk

Pourquoi une divine liturgie solennelle de près de trois heures, célébrée par le métropolite de Iekaterinbourg, au Nouveau monastère de Tikhvine de la ville ?

A cause de la venue des reliques de sainte Euphrosyne de Polotsk, qui parcourent la Russie à l’occasion du 920e anniversaire de celle qui a introduit le monachisme féminin en Russie. Et le monastère de Iekaterinbourg est l’un des plus importants monastères féminins de Russie.

Comme je l’avais déjà signalé, il a comme particularité que les moniales y chantent un chant byzantin en slavon, de toute beauté.

Les reliques vont y rester cinq jours, pendant lesquels des services de prière seront organisés de 11h à 17h.

(J’aimerais bien savoir ce qu’elles chantent pendant la communion du clergé, à partir de 1h41’45…)