L’humour de Lecornu

Au lendemain et au surlendemain d’innombrables frappes russes qui ont détruit notamment des usines d’armement en Ukraine et des dépôts de missiles et de drones (les gigantesque explosions secondaires sont éloquentes), le ministre français des Armées Sébastien Lecornu annonce :

« On va se lancer dans un partenariat complètement inédit où une grande entreprise produisant des voitures françaises – je ne donne pas le nom parce que c’est à elle de l’annoncer – va s’allier avec une PME de défense française pour armer des lignes de production en Ukraine pour être capables de produire des drones. »

Donc ce sera une nouvelle cible pour les Russes. A l’heure où j’écris on ne sait pas encore quel est le fabricant de voitures assez débile pour se lancer dans un tel projet.

Une bonne nouvelle toutefois : Lecornu a précisé qu’il n’y aura « pas besoin en plus de demander à des citoyens français » d’y aller. Conformément à la doctrine voulant que c’est une guerre par procuration qui se déroule jusqu’au dernier Ukrainien.

Addendum 8 juin

Sans surprise, c’est Renault qui s’y colle.

Ubukraine

Maxime Ostapenko, qui a été récemment limogé par le ministère de la Culture d’Ukraine de ses fonctions de « directeur de la réserve de la Laure des Grottes de Kiev », conteste fermement le motif de son licenciement. Selon le ministre, c’est parce qu’il ne s’est pas assez battu contre l’Eglise orthodoxe ukrainienne, dont les moines se trouvent toujours sur place même s’ils n’ont plus accès aux sanctuaires de la laure supérieure.

Ostapenko considère qu’il a fait en deux ans « plus qu’on a en a fait pendant les trente années précédentes » contre l’Eglise orthodoxe ukrainienne, et il ajoute que l’essentiel de la Laure ce ne sont pas les moines « moscovites », c’est « l’esprit ukrainien » qui défie Moscou :

« Le narratif impérialiste russe veut que la Laure soit exclusivement un monastère. Et le monde entier vit avec l’idée que la Laure est un monastère de l’Église orthodoxe russe. Depuis deux ans, nous faisons tout pour montrer qu’elle est un centre de la culture ukrainienne et mondiale. Nous voulions révéler l’identité ukrainienne de la Laure. »

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Hier 6 juin, en stricte conformité avec le dernier accord d’Istanbul, la Russie a commencé l’opération humanitaire visant à transférer les corps de plus de 6.000 militaires ukrainiens vers l’Ukraine.

Un convoi transportant le premier lot de 1.212 corps est arrivé au point d’échange dans l’oblast de Briansk à la frontière avec l’Ukraine.

Mais l’équipe de négociation ukrainienne ne s’est pas présentée, « invoquant diverses raisons, dont certaines assez étranges », a déclaré Vladimir Medinski.

Les autorités ukrainiennes restent muettes. Selon certaines informations, les Ukrainiens ne veulent pas des corps parce que leurs morgues sont archi-pleines et qu’ils n’ont pas les moyens de les traiter. Selon certaines autres, le gouvernement ukrainien ne veut pas récupérer les corps de 6.000 officiers parce qu’il ne veut pas donner aux familles la compensation financière prévue, dont le total s’élèverait à des milliards de hryvnias d’un seul coup.

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Ceci est de source russe, et c’est hélas très crédible : tous les jours depuis plus d’un mois maintenant, un groupe de 6 à 12 soldats ukrainiens traverse la frontière de l’oblast de Koursk, et entre dans les premières maisons du village frontière de Tetkino, rue Pristantsionnaïa. Et ils sont aussitôt tués par les soldats russes. Et cela se reproduit tous les jours. Uniquement afin de permettre à Zelensky d’affirmer que l’armée ukrainienne se trouve toujours sur le territoire de Koursk.

La Pentecôte sans évangile ?

On en apprend tous les jours sur les délires de la « réforme liturgique ». Matthew Hazell, le spécialiste en la matière sur le blog New Liturgical Movement, signale sur X que dans le schéma 286, du 6 avril 1968, il était question de supprimer tout évangile de la messe de la Pentecôte. Chacun sait que dans toutes les liturgies eucharistiques chrétiennes sans exception il y a le chant de l’évangile, des « rénovateurs » expliquaient : « De nombreux pasteurs ont demandé que, par exception à la règle générale, la dernière lecture de la messe de ce jour, le point culminant de la liturgie de la parole devrait être la narration pertinente des Actes des apôtres. (…) Il est vrai que cette demande implique une innovation dans la tradition liturgique, mais, dans une perspective pastorale, la question paraît digne d’une grande considération. »

Ce délire ne fut pas immédiatement jeté à la poubelle, on le soumit à discussion et à vote…

Gregory DiPippo, qui reprend cette information sur le blog New Liturgical Movement, commente notamment :

On voit qu’intervient le mot magique « pastoral », qui donne carte blanche pour tout et n’importe quoi dans la liturgie, aussi bizarre que ce puisse être. Et qu’est-ce qui rend une telle idée « pastorale » ? C’est l’hypothèse (omniprésente dans la réforme) que les fidèles sont des imbéciles et que, dans leur stupidité incurable, ils seront désespérément désorientés et passeront complètement à côté du sens de la fête si l’événement principal de la journée liturgique n’est pas présenté comme « le point culminant de la liturgie de la Parole ».

La suppression de l’évangile de la messe de la Pentecôte n’est pas passée, mais ils ont bel et bien supprimé l’octave, et, dit Gregory DiPippo : « En quoi sommes-nous mieux lotis en ayant réduit la célébration d’un si grand mystère à une seule journée ? »