Ukraine : une armée LGBTQI+

La plateforme gouvernementale ukrainienne Diia Education a publié une série vidéo en 11 brefs épisodes intitulée « Soldats LGBTQI+ dans les forces armées de l’Ukraine ».

La série éducative destinée à la plateforme Diia.Education ainsi que l’étude associée ont été réalisées par l’ONG « Militaires et vétérans LGBT+ ukrainiens pour l’égalité des droits » dans le cadre d’un projet mis en œuvre en partenariat avec l’ONG Fulcrum UA et avec le soutien expert de l’ONG « Institut des programmes de genre », grâce au soutien financier de l’ambassade du Royaume des Pays-Bas en Ukraine.

La série (en réalité une suite de monologues) vise bien sûr à « déconstruire les stéréotypes » qui affectent la confiance et la sécurité dans les unités militaires, et à montrer que l’accueil des minorités sexuelles est un avantage pour l’armée, alors que la discrimination est un handicap pour l’efficacité au combat.

Le premier épisode dénonce les « mythes à propos de la communauté LGBTIQ+ ». Le deuxième épisode énonce les « concepts de base » : « l’orientation sexuelle et l’identité de genre ». Le troisième épisode dénonce la responsabilité de la religion chrétienne dans la formation de l’homophobie…

Après les 11 épisodes est proposé un « test » pour vérifier que vous avez bien tout assimilé et que vous êtes devenu un bon militant LGBTQI+ pour l’armée ukrainienne.

L’Ukraine mobilise les « prêtres moscovites »

Tous les jours les réseaux sociaux publient des vidéos de la mobilisation forcée en Ukraine : un groupe de militaires kidnappe un homme dans la rue et le jettent dans un fourgon, direction le front. C’est généralement très violent, l’homme qui résiste étant roué de coups, y compris dans la tête, parfois il y a une résistance collective quand il y a des témoins, et le 8 juillet il y a même une véritable émeute à Lvov.

On sait que la mobilisation forcée touche aussi les prêtres. Elle est alors doublement illégale. D’abord parce que l’armée n’a pas le droit de kidnapper les gens dans la rue, ensuite parce que les prêtres n’ont pas le droit de porter des armes et ne sont donc pas mobilisables.

Il n’y avait pas de preuve de cette mobilisation jusqu’ici, systématiquement niée par le pouvoir (comme l’était l’autre encore récemment). Mais hier il y a eu une vidéo du kidnapping du recteur de l’église Saint-Jean-l’Aumônier de Loutsk, pris par les mains et les pieds et balancé dans le fourgon comme un sac de pommes de terre.

L’avocat de l’Eglise orthodoxe ukrainienne s’est saisi de l’affaire et va poursuivre l’armée devant la justice.

Le diocèse de Volodymyr-Volynskyï a déclaré que 18 de ses clercs avaient été enrôlés. Les autres diocèses n’ont pas donné de chiffre. Mais si la situation est globalement la même partout, on arrive à près de 700 prêtres et diacres envoyés à l’abattoir.

Naturellement, il s’agit exclusivement de clercs de l’Eglise orthodoxe ukrainienne.  Ceux de l’Eglise du pouvoir et ceux de l’Eglise grecque-catholique ne sont pas concernés. Car c’est aussi une façon de combattre les « prêtres moscovites ».

Puisque c’est artistique…

Lors des son concert aux Fêtes de Gand, la chanteuse néerlandaise Sophie Straat a lancé :

« Tous les hommes blancs à l’arrière ! C’est l’heure des filles, des queers, des personnes de couleur ! »

Puis elle a ajouté :

« Plus de temps pour la nuance : il est déjà trop tard, bien trop tard pour la nuance. Tous les hommes blancs au fond ! »

L’office anti-discrimination Unia a reçu près de 200 signalements. Mais l’Unia a rejeté l’accusation de discrimination. Au motif que c’était une « expression symbolique et artistique », protégée par la liberté d’expression.

Sur sa « robe » (?) : Pop stars against nazi’s… Le nazi c’est l’homme blanc.

Toujours Drapaty

Je crois qu’on n’a pas fini de s’amuser avec le nouveau commandant en chef des armées ukrainiennes, l’homme lige de la royauté britannique.

La chaîne YouTube Ukrainer W avait fait une interview de Drapaty en 2023 pour un documentaire sur la 72e brigade mécanisée, et en avait utilisé quelques extraits, mais n’avait pas publié l’intégralité avant hier soir. Où Drapaty déclare notamment à propos de la Russie :

« On ne peut même pas l’appeler un voisin. C’est une nation, avec ses dirigeants, qui n’a aucun droit à l’existence. Rien de civilisé ne les a changés au cours des millénaires, ni dans leur mentalité ni dans leurs ambitions impériales. »

En ce qui concerne le Donbass, il dit que beaucoup de gens de ces régions ne veulent pas travailler mais veulent quelque chose pour rien » », et qu’ils sont généralement indifférents au pays dans lequel ils vivent et au nom de ce pays, car ils n’ont pas été « ukrainisés » et manquent donc de « conscience nationale »…

La mer Noire interdite

Mardi 21 juillet, la presse ukrainienne se félicitait d’un nombre invraisemblable de frappes sur des navires de commerce russes dans la mer Noire.

Hier 22 juillet, le gouvernement ukrainien a demandé une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU pour protester contre… les frappes russes sur des navires civils ukrainiens…

Ce qui se passe surtout est que depuis hier il n’y a plus aucun navire à arriver dans les ports ukrainiens, suite aux frappes russes incessantes sur les infrastructures. Le géant Maersk a lui-même annoncé qu’il suspendait ses livraisons. Le ministre des Affaires étrangères Andriy Sybiha a confirmé qu’il n’y avait plus aucun trafic.

L’Ukraine n’a donc plus de commerce par la mer Noire, ni de livraisons d’armes… (Du moins par les ports ukrainiens. Le trafic se fait par les ports roumains.)