Des Grecs à Moscou

C’est aujourd’hui la fête de la Transfiguration dans le calendrier orthodoxe russe. Le 17 août, le métropolite Nectaire de Corfou, accompagné de plusieurs prêtres de Corfou, a apporté au patriarche Cyrille la relique de la main droite de saint Spyridon, avec la bénédiction du saint synode de l’Eglise de Grèce.

Hier, pour les vêpres et les matines de la Transfiguration, la relique a été accueillie par le patriarche en la cathédrale du Saint-Sauveur. La divine liturgie de la fête a été concélébrée en cette même cathédrale ce matin, avec le métropolite grec.

La relique doit rester en Russie jusqu’au 20 septembre, visitant Tcheboksary, Kazan, Diveyevo, Nijni Novgorod, Saint-Pétersbourg, Pskov, Smolensk, Irkoutsk, Khabarovsk, Tcheliabinsk, Iekaterinbourg et Vladimir.

Le patriarche Cyrille a déclaré :

Vos Éminences et Excellences,

Vénérables Pères ! Chers frères et sœurs !

Je vous salue cordialement tous et vous souhaite une bonne fête à l’occasion d’un événement important : après une longue pause, les reliques de saint Spyridon, évêque de Trimithonte, sont à nouveau apportées à l’Église orthodoxe russe depuis Corfou. Saint Spyridon est l’un des saints les plus vénérés de notre peuple. Saint patron des nécessiteux et des démunis, prompt secours des souffrants et de tous ceux qui sont dans le malheur, ce saint de Dieu répond avec une promptitude inébranlable à chaque chagrin et affliction, embrassant avec amour et attention tous ceux qui cherchent soutien et intercession. La simplicité spirituelle et la sensibilité, la force dans la prière et le zèle pour la vérité de l’Évangile attirent le cœur de millions de personnes vers l’évêque de Trimithonte — et personne ne reste inconsolé auprès de lui.

J’adresse des mots de gratitude particulière à nos frères aimés de Dieu venus de Grèce, grâce aux efforts actifs desquels cet événement historique a pu avoir lieu.

Je suis convaincu que l’apport de cette grande relique et la possibilité de toucher une parcelle des reliques apportant la guérison du merveilleux saint du Christ renforceront spirituellement notre peuple, le renforceront dans la foi et la piété. Demandons à saint Spyridon « la clarté divine » (kondakion au saint), et qu’il incline par ses prières ferventes la miséricorde du Sauveur envers notre patrie.

Que la bénédiction du Seigneur et l’intercession de saint Spyridon de Trimithonte soient avec vous tous !

Le métropolite de Corfou, à l’issue de la divine liturgie de ce matin, après avoir été décoré de l’ordre de saint Séraphim de Sarov.

*

Addendum.

L’arrivée de la relique à la cathédrale.

Wokisme sacrilège à Sienne

Tout le monde connaît le fameux « Palio » de Sienne, cette course de chevaux qui a lieu sur la célèbre place centrale de la ville médiévale. Mais le « palio », c’est la bannière de soie qui est accordée au quartier vainqueur. Une bannière représentant la Sainte Vierge, pour le Pallio dell’Assunta, le lendemain du 15 août.

Depuis le début de ce siècle la municipalité demande à un artiste de créer le palio. Cette année c’était la Roumaine Teodora Axente. « Voici la Madone dont je rêve ; voici ma vision de la Madone », affirme l’artiste, qui insiste sur le fait que tous les personnages de son palio sont ainsi : « Les personnages ne font pas référence au fait d’être une femme ou un homme ; ils sont androgynes, ce sont donc des personnages universels. » Sic.

Pour dire les choses plus crument, c’est faire de la Sainte Vierge une drag-queen, comme a commenté le blog Missainlatino.

Mais l’immonde image a été bénie par l’archevêque de Sienne en la vénérable cathédrale, devant les fidèles qui ont longuement applaudi…

Le P. Enrico Grassini, directeur du bureau de l’héritage culturel du diocèse, a osé défendre l’indéfendable en avançant que c’est à cause de la « tradition orthodoxe » que l’artiste s’écarte de la vision habituelle de la Vierge :

« L’artiste est issue d’une formation chrétienne enracinée dans la tradition orthodoxe, ce qui l’empêche d’embrasser pleinement les développements occidentaux de la spiritualité mariale au cours des cinq derniers siècles, dont s’inspire pourtant l’iconographie du Palio. »

Répugnant.

Pachamamesques honteux

Il y a eu les 13 et 14 août à Cuzco au Pérou une rencontre intitulée « Entrelacer les voix pour la dignité », dans le cadre des préparatifs de la prochaine visite de Léon XIV. Vatican News commençait ainsi son copieux compte rendu :

L’Église et des représentants d’organisations sociales, de peuples et de communautés, de collectifs et de défenseurs des droits de l’homme issus de neuf régions du sud du Pérou, se sont réunis à Cuzco pour partager leurs expériences, écouter les différentes réalités territoriales et élaborer des propositions communes en faveur de la dignité, de la justice, de la paix et du bien commun, dans le cadre de la Rencontre macro-régionale du Sud intitulée « Entrelacer les voix pour la dignité ».

Dans l’article il est longuement question de l’intervention de Mgr Lizardo Estrada, évêque auxiliaire de Cuzco et secrétaire général du CELAM (à gauche sur la tribune), et l’on signale brièvement celle de Mgr Miguel Ángel Cadenas, évêque d’Iquitos.

Curieusement, l’article n’évoque pas la présence de monsignor Jordi Bertomeu, official au Dicastère pour la doctrine de la foi, connu pour avoir été le commissaire pontifical chargé par François de liquider le mouvement péruvien Sodalitium Christianae Vitae.

Il était pourtant là, participant pleinement à la cérémonie inaugurale, une cérémonie entièrement païenne (dont Vatican News ne dit rien), où officiait une femme : « Ce mois d’août est très spécial pour nous, pour la cosmovision andine : c’est le mois de la mère terre, qui nous aime tant, qui est si affectueuse, qui est si bienveillante, qui nous donne des aliments. » Le mois où l’on « nourrit » la Pachamama par des offrandes et des « paiements à la terre ».

Des feuilles de coca sont distribuées aux participants et après des exercices de respiration (« Nous voyons comment est notre intérieur »), chacun dépose ses feuilles de coca dans des bols disposés au sol, à côté d’aliments offerts à la terre : « Nous remercions la terre en ce mois si important ; nous lui donnons trois souffles en les déposant. » Le geste de souffler trois fois sur les feuilles de coca avant de les offrir fait partie du rituel andin du « paiement » ou envoi à la Pachamama.

Une vidéo montre monsignor Jordi Bertomeu allant déposer ses feuilles de coca dans le bol, visiblement recueilli, après Mgr Estrada. Ensuite il prend la parole, mais la vidéo ne montre que l’assistance. A la fin, on le voit retourner le panneau portant son nom, et sortir du champ de la caméra…

Au centre, Jordi Bertomeu, du dicastère pour la doctrine de la foi (anciennement catholique), allant porter religieusement sa feuille de coca (dans sa main gauche, protégée par sa main droite) dans le bol sacré de Pachamama.

Saint Jean Eudes

Tous ces textes sacrés nous enseignent que Jésus-Christ doit être vivant en nous, que nous ne devons vivre qu’en lui, que notre vie doit être une continuation et expression de sa vie.

Pour entendre plus clairement et pour établir plus fortement dans votre âme cette vérité fondamentale de la vie chrétienne, considérez que Notre-Seigneur Jésus a deux sortes de corps et deux sortes de vie. Le premier est son corps personnel, qu’il a pris de la très sainte Vierge, et sa première vie est la vie qu’il a eue en ce même corps, pendant qu’il était sur la terre.  Son second corps, c’est son corps mystique, l’Église, que saint Paul appelle le Corps du Christ (I Co 1 2 , 27) ; et sa seconde vie est la vie qu’il a dans ce corps et dans tous les vrais chrétiens, qui sont membres de ce corps. La vie passible et temporelle que Jésus a eue dans son corps personnel a été accomplie et terminée à sa mort ; mais il veut continuer cette même vie dans son corps mystique, jusqu’à la consommation des siècles, afin de glorifier son Père par les actions et souffrances d’une vie mortelle, laborieuse et passible, non seulement durant l’espace de trente-quatre ans, mais jusqu’à la fin du monde. Si bien que la vie passible et temporelle que Jésus a dans son corps mystique, c’est-à-dire dans les chrétiens, n’a pas encore son accomplissement, mais elle s’accomplit de jour en jour dans chaque vrai chrétien, et elle ne sera parfaitement accomplie qu’à la fin des temps.

Comme saint Paul nous assure qu’il accomplit les souffrances de Jésus-Christ, ainsi on peut dire en vérité qu’un vrai chrétien, membre de Jésus-Christ et uni avec lui par sa grâce, continue et accomplit, par toutes les actions qu’il fait en l’esprit de Jésus-Christ, les actions que Jésus-Christ a faites durant le temps de sa vie passible sur la terre. De sorte que, quand un chrétien fait oraison, il continue et accomplit l’oraison que Jésus-Christ a faite sur la terre ; lorsqu’il travaille, il continue et accomplit la vie laborieuse de Jésus-Christ ; et ainsi de toutes les autres actions qui sont faites chrétiennement.

Vous voyez par là ce que c’est que la vie chrétienne: une continuation et un accomplissement de la vie de Jésus ; que toutes nos actions doivent être une continuation des actions de Jésus ; que nous devons être comme autant de Jésus sur la terre, pour y continuer sa vie et ses œuvres,  et pour faire et souffrir tout ce que nous faisons et souffrons, saintement et divinement, dans l’esprit de Jésus, c’est-à-dire dans les dispositions et intentions saintes et divines avec lesquelles Jésus se comportait dans ses actions et souffrances.

Le Royaume de Jésus, II, 2.

Ils appellent encore ça une « messe »…

Les assomptionnistes sont fiers de publier cette photo, et d’autres, sur Facebook.

Et c’est un cardinal qui montre comment on célèbre la « messe » dans la cuisine du train…

Je me demande ce que peut dire l’animatrice (une bonne sœur, sans doute) – concélébrante ? (il n’y a que des prêtres devant elle, et encore un derrière elle) – dans son micro au moment de l’élévation du « calice »…