La pilule abortive et la Cour suprême

La Cour suprême des Etats-Unis a rendu jeudi, le jour de l’Ascension, une ordonnance par laquelle elle prolonge indéfiniment le blocage de l’arrêt qui confirmait en appel l’interdiction de l’envoi par la poste en Louisiane de la pilule abortive (que certains chez nous osent appeler un « médicament »).

Deux ordonnances provisoires dans le même sens avaient été rendues les 4 et 11 mai, en « urgence », à la demande des deux producteurs du « pesticide antihumain », comme la qualifiait le professeur Lejeune. L’un de deux laboratoires faisant valoir qu’il subissait un « préjudice irréparable ».

La loi de Louisiane est donc bloquée jusqu’à ce que la Cour suprême prenne une décision sur le fond. Cela pourrait n’intervenir que l’an prochain.

L’ordonnance n’est pas signée, mais elle a été prise à une majorité de sept contre deux. Sept juges, y compris des catholiques, considèrent donc que les profits de Danco Laboratories et GenBioPro comptent plus que la vie des êtres humains.

L’infatigable et excellent juge Clarence Thomas a fait publier son « opinion dissidente » :

« Les requérants n’ont pas droit à un sursis à l’exécution d’une décision judiciaire défavorable au motif d’un manque à gagner résultant de leur entreprise criminelle. Ils ne peuvent, d’un point de vue juridique, subir un préjudice irréparable du fait d’une décision judiciaire qui rend plus difficile la commission de leurs crimes. »

Il rappelle que la loi fédérale Comstock de 1873 interdit explicitement l’envoi par la poste de moyens de contraception, donc a fortiori de moyens abortifs.

Le juge Samuel Alito ajoute :

« GenBioPro fait brièvement allusion à la possibilité d’une perte de chiffre d’affaires. Mais une perte de chiffre d’affaires dans les États où les abortifs sont généralement illégaux ne constitue pas un “préjudice irréparable” susceptible de justifier l’octroi d’un sursis. (…) L’ordonnance non motivée de la Cour accordant des sursis dans cette affaire est remarquable. »

Les « supposées persécutions »

L’AFP informe que Donald Trump dit avoir éliminé un chef jihadiste au Nigeria :

« C’est la deuxième fois en cinq mois que le président américain lance une intervention de son armée au Nigeria, où il a dénoncé des supposées persécutions dont seraient victimes les chrétiens. Cette opération visait, cette fois, Abou-Bilal Al-Minuki, qu’il a présenté comme le numéro deux de l’EI dans le monde. »

L’information a été confirmée par l’armée nigériane, qui a présenté Abou Bilal Al-Minuki comme un « haut responsable de l’Etat islamique et l’un des terroristes les plus actifs au monde ».

Mais ce qui attire l’attention est le jugement de notre agence de presse d’Etat sur les « supposées persécutions dont seraient victimes les chrétiens ». Le Figaro n’hésite pas à le mettre en sous-titre, sans toutefois le « supposées ». Mais d’autres, comme Le Dauphiné libéré, mettent l’expression en entier. Le « supposées », et le conditionnel redondant.

Nos gazettes ne se contentent pas de reprendre la désinformation de l’AFP, elles en font leur sous-titre.

Quiconque suit un peu l’actualité africaine sait que ces persécutions sont réelles, et atroces, et permanentes. Le 11 mai, l’agence Fides titrait : « Plus de 100 morts, 98.000 personnes déplacées, 217 églises détruites dans le diocèse de Wukari. » Dans un seul diocèse.

Certes, les massacres au Nigeria mêlent des motifs ethniques. Particulièrement quand ce sont les bandes de « bergers » Peuls armés jusqu’aux dents qui peu à peu prennent les territoires des paysans nigérians. Mais il se trouve que les Peuls sont des musulmans fanatiques et que les paysans qu’ils tuent pour prendre leurs terres sont chrétiens. Il s’agit donc ouvertement de persécutions antichrétiennes, même si des musulmans sont des victimes collatérales…

Saint Ubald

Sur saint Ubald :

• Comment saint Ubald (1129-1160), né à Gubbio, chanoine de Gubbio, évêque de Gubbio, mort à Gubbio, est devenu saint Thiébaut de Thann, en Alsace.

• La « fête des cierges » à Gubbio, qui a son pendant dans les trois « sapins » de Thann.

• Pour tout savoir sur la question : ici.

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Dans le martyrologe de ce jour on voit aussi :

Apud Forum Júlii, in Gállia, sanctæ Máximæ Vírginis, quæ, multis clara virtútibus, in pace quiévit.

A Fréjus, en France, sainte Maxime, vierge, qui s’étant illustrée par beaucoup de vertus, reposa en paix.

On lit sur le site de la ville de Sainte-Maxime :

La dénomination de Sainte-Maxime semble venir des Moines des îles de Lérins. En effet, ces ecclésiastiques auraient donné à notre village en cours de construction le nom d’un des saints de leur ordre : Maxime qui, selon la légende, serait la fille du Comte de Grasse, Seigneur d’Antibes. Fille d’une famille noble, elle fut attirée par la vie religieuse et quitta sa vie somptueuse et ses richesses pour se consacrer pleinement à Dieu.
Ayant prononcé ses vœux au Monastère de Saint-Cassien, la religieuse devint très vite un modèle pour sa communauté. C’est sans doute pour cette raison qu’elle fut choisie pour diriger le Monastère de Callian dans lequel elle finit ses jours. Les Maximois sont invités à rendre hommage à leur Sainte-patronne au cours de la fête patronale qui est célébrée tous les 15 Mai, jour anniversaire de sa mort.

Le jour de sa mort est le 16 mai dans les martyrologes. Mais sa fête est en effet le 15 mai dans la ville qui porte son nom : en 1826, l’évêque de Fréjus décida qu’elle serait avancée d’un jour afin qu’elle ne coïncide pas avec la fête patronale de Saint-Tropez qui lui faisait une sérieuse concurrence…

Le buste-reliquaire paré pour la procession.

Panneau apposé en 2012 sous le buste-reliquaire dans l’église de Sainte-Maxime.

Saint Jean-Baptiste de La Salle

Jésus-Christ, dans l’Évangile de ce jour (Jn 16, 2), prédit à ses Apôtres les persécutions qu’ils auront à souffrir de la part des Juifs, qui les doivent chasser hors de leurs synagogues et de leurs assemblées, les regardant comme des excommuniés, indignes de converser avec eux. C’est ainsi que les gens du monde regardent ceux qui sont à Dieu, surtout ceux qui sont retirés du monde, et qu’ils les vexent, qu’ils les injurient, qu’ils les outragent, qu’ils les maltraitent comme des malfaiteurs, parce qu’ils ne sont pas du monde, selon Notre Seigneur (Jn 15, 19).

C’est ainsi que vous devez vous attendre à être traités tant que vous vivrez selon l’esprit de votre Institut, et que vous travaillerez utilement pour le prochain. Parce que, comme le démon vous haïra, le monde, qui est étroitement lié à lui, ne vous pourra souffrir *. Vous devez aussi vous mettre sur le même pied à son égard : ce sera un des meilleurs moyens de vous conserver dans la piété, dans la retraite et l’éloignement du monde.

 Jésus-Christ (Jn 16, 2) prédit aux Apôtres non seulement qu’ils seront chassés et outragés par les Juifs, mais même que ceux qui les feront mourir croiront rendre un grand service à Dieu. Si on n’enlève pas aujourd’hui la vie à ceux qui sont à Dieu et qui travaillent pour sa gloire, que ne fait-on pas pour leur enlever l’honneur par les plus noires calomnies, en les traitant comme s’ils étaient indignes de vivre !

C’est ainsi que vous devez être bien aises d’être traités. Vous devez même vous regarder comme morts à l’égard du monde, et n’avoir aucune communication avec lui : si vous êtes véritablement à Dieu, vous êtes l’ennemi du monde, et il est le vôtre (Jn 15, 19) parce qu’il est l’ennemi de Dieu. Traitez-le donc comme tel et ayez l’horreur de converser avec lui, et ne souffrez pas qu’il ait le moindre accès auprès de vous, dans la crainte que, communiquant avec lui, vous ne participiez à son esprit.

La raison pour laquelle le monde maltraitera et outragera ainsi les disciples de Jésus-Christ, c’est, comme il le dit lui-même (Jn 16, 3), parce que ce monde ne connaît ni lui, ni son Père qui l’a envoyé. Et, en effet, les partisans du siècle n’ont ordinairement d’affection que pour leurs semblables, c’est-à-dire que pour ceux qui n’ont de goût que pour ce qui flatte les sens. Ils n’ont de Dieu qu’une connaissance très imparfaite ; c’est pour cela qu’ils n’y pensent point, qu’ils n’en parlent point, qu’ils n’en entendent pas parler volontiers et ne le prient que rarement. De là le mépris qu’ils ont et font souvent paraître pour les serviteurs et les amis de Dieu.

Vous avez quelquefois à instruire des enfants qui ne connaissent pas Dieu, parce qu’ils sont élevés par des parents qui ne le connaissent pas eux-mêmes. Tâchez de le connaître si bien par la lecture et par l’oraison, que vous vous mettiez en état de le faire connaître aux autres, et de le faire aimer à tous ceux à qui vous l’aurez fait connaître.

Méditations pour le dimanche dans l’octave de l’Ascension de Notre Seigneur Jésus-Christ. (Méditations pour tous les dimanches de l’année – Avec les Évangiles de tous les Dimanches – Par Monsieur JEAN-BAPTISTE DE LA SALLE, Docteur en Théologie, Instituteur des Frères des Écoles Chrétiennes, 1731.)

L’Ascension du Seigneur

Cathédrale de Montreale.

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La première ode des matines au monastère de Vatopedi, sur l’Athos.

«Τῷ Σωτῆρι Θεῷ, τῷ ἐν θαλάσσῃ λαόν, ποσὶν ἀβρόχοις ὁδηγήσαντι, καὶ Φαραὼ πανστρατιᾷ καταποντίσαντι, αὐτῷ μόνῳ ᾄσωμεν, ὅτι δεδόξασται».

ᾌσωμεν πάντες λαοὶ τῷ ἐπὶ ὤμων Χερουβὶμ ἀναληφθέντι, μετὰ δόξης Χριστῷ, καὶ συγκαθίσταντι ἡμᾶς ἐν δεξιᾷ τοῦ Πατρός, ᾠδὴν ἐπινίκιον, ὅτι δεδόξασται.

Τὸν μεσίτην Θεοῦ καὶ ἀνθρώπων Χριστόν, χοροὶ Ἀγγέλων θεασάμενοι, μετὰ σαρκὸς ἐν ὑψίστοις ἐξεπλήττοντο· συμφώνως δὲ ἀνέμελπον, ὕμνον ἐπινίκιον.

Τῷ ὀφθέντι Θεῷ, ἐπὶ τοῦ ὄρους Σινᾶ, καὶ νόμον δόντι τῷ θεόπτῃ Μωσεῖ, τῶν Ἐλαιῶν ἐκ τοῦ ὄρους ἀναληφθέντι σαρκί, αὐτῷ πάντες ᾄσωμεν, ὅτι δεδόξασται.

Ἄχραντε Μῆτερ Θεοῦ, τὸν σαρκωθέντα ἐκ σοῦ, καὶ ἐκ τῶν κόλπων τοῦ γεννήτορος μὴ ἐκφοιτήσαντα Θεόν, ἀπαύστως πρέσβευε, ἐκ πάσης περιστάσεως, σῶσαι οὓς ἔπλασεν.

Le Dieu sauveur qui a conduit à pied sec sur la mer rouge le peuple d’Israël, submergeant le Pharaon et toute son armée, chantons-le comme le seul digne de nos chants, car il s’est couvert de gloire. (bis)
Tous les peuples, chantons le Christ qui s’est élevé glorieusement sur les épaules des Chérubins pour nous asseoir avec lui à la droite du Père : chantons-lui notre hymne de victoire, car il s’est couvert de gloire.
Le chœur des anges, voyant le Christ, le médiateur entre Dieu et les mortels, monter dans les hauteurs avec sa chair, fut saisi de crainte et, d’une même voix, se mit à chanter l’hymne de victoire.
Le Dieu qui apparut sur le mont Sinaï et qui donna la Loi à Moïse le Voyant, s’est élevé corporellement depuis le mont des Oliviers : ensemble chantons-le, car il s’est couvert de gloire.

Vierge pure et Mère de Dieu, intercède constamment auprès du Dieu qui a pris chair en ton sein sans quitter celui de son Père dans les cieux : qu’il sauve de tout danger ceux qu’il forma de sa main !