Sainte Marthe

Illustration de la Légende dorée, traduction Jehan du Vignay, début du XVe siècle. BnF français 242.

Dans l’antique missel romain (c’est-à-dire le sacramentaire et l’antiphonaire) il y avait deux messes en ce jour : celle de saint Félix II pape et martyr, et celle des saints martyrs Simplice, Faustin et Béatrice.

Le martyrologe hiéronymien indiquait au 19 janvier : « Ierusolyma Marthæ et Mariæ sorores Lazari ».

Le Martyrologe d’Usuard mentionnait Marthe et Lazare le 27 décembre, et disait qu’en leur honneur on avait construit une basilique à Béthanie.

En 1263 la fête de sainte Marthe apparaît dans le calendrier franciscain au 29 juillet, à savoir au jour octave de la fête de sainte Marie Madeleine.

Elle prendra son essor avec la papauté d’Avignon, puisque si sainte Marthe est la patronne de Tarascon elle est aussi la patronne d’Avignon où elle prêcha d’abord la foi chrétienne. Et c’est alors que devinrent très populaires les récits provençaux sur les saints de Béthanie.

De ce fait les saints martyrs romains Simplice, Faustin et Béatrice passèrent au second plan puis disparurent du calendrier liturgique romain (ils restèrent dans le calendrier monastique parce que sainte Marthe n’y entra pas – sauf en France).

Quant à Félix II il avait déjà disparu, pour la bonne raison qu’il n’avait été ni saint, ni martyr, ni pape. On l’avait confondu avec un autre Félix. Ce « Félix II » avait été un antipape élu par les ariens pendant l’exil du peu reluisant Libère…

Dégâts collatéraux…

Le tout nouveau Premier ministre moldave Vasile Tofan se plaint des frappes ukrainiennes contre la Russie, parce qu’elles affectent l’économie du pays :

Une série de perturbations de la chaîne d’approvisionnement a créé une situation difficile, notamment en ce qui concerne le diesel. Cette situation découle de la destruction de plusieurs terminaux à Novorossiysk, ce qui a limité les exportations de pétrole en provenance du Kazakhstan. Environ 80 % des exportations de pétrole kazakh transitent par Novorossiysk ; ce pétrole constitue la principale matière première de la raffinerie Petromidia, en Roumanie, qui est le plus grand producteur de diesel pour la Roumanie et notre région.

(Vasile Tofan, qui est aussi roumain, ancien directeur chez Philips aux Pays-Bas, diplômé de Harvard, travaillait depuis 2011 à la direction d’une banque d’investissement à Kiev…)

La persécution en Ukraine

Le « Service d’Etat pour la politique ethnique et la liberté de conscience » donne 30 jours à la laure de Potchaïev (l‘un des trois plus importants monastères d’Ukraine) pour apporter les preuves qu’elle n’a pas de liens avec Moscou.

Le monastère a déjà fait savoir à plusieurs reprises qu’il n’avait pas de liens avec Moscou puisqu’il dépend de l’Eglise orthodoxe ukrainienne qui est statutairement indépendante de l’Eglise orthodoxe russe.

Mais le 22 juillet le « Service d’Etat pour la politique ethnique et la liberté de conscience » a annoncé que le monastère de Potchaïev est « affilié à l’Eglise orthodoxe russe puisqu’il appartient à la métropole de Kiev dont il est déjà établi qu’elle est liée à Moscou.

Donc le monastère de Potchaïev ne pourra pas « prouver » qu’il n’a pas de liens avec Moscou, et la procédure judiciaire visant à l’interdire pourra commencer.

Il se trouve que ce même 22 juillet l’audience concernant l’interdiction de la laure des Grottes de Kiev a été une fois de plus reportée. Pas moins de 15 juges se sont déjà récusés. On n’arrive pas à trouver un juge qui restera dans l’histoire comme celui qui a chassé les moines d’un des plus hauts lieux d monde orthodoxe…

Saint Vladimir

Aujourd’hui en Russie c’est la fête de « saint Vladimir le Grand, égal aux apôtres : prince de Novgorod, grand prince de Kiev ». Le patriarche Cyrille a célébré la divine liturgie en la cathédrale de la Dormition du Kremlin de Moscou, où se trouvent les reliques du saint. Puis il y a eu la procession jusqu’à la statue de saint Vladimir (18 mètres) sur la place Borovitskaïa.

On remarque une petite litanie en arabe, à 16’36. C’est que hier a été célébrée la fête patronale (saint Gabriel) de la Représentation du patriarcat grec-orthodoxe d’Antioche à Moscou, avec trois métropolites du patriarcat orthodoxe d’Antioche concélébrant avec le métropolite Antoine de Volokolamsk, président du département des relations extérieures du patriarcat de Moscou. Et voilà pour « l’isolement » du patriarcat de Moscou dans le monde orthodoxe…

Saints Nazaire et Celse, Victor et Innocent Ier

A la fin de sa notice de la Légende dorée sur les saints Nazaire et Celse, Jacques de Voragine publie une préface de saint Ambroise qui évoque seulement le premier. (Traduction Roze, 1902.)

Dans le missel ambrosien de 1640 on reconnaît le même texte, mais abrégé, pour évoquer aussi saint Celse.

Au sujet de ce martyr, voici ce que saint Ambroise dit dans la Préface :

« Le saint martyr Nazaire, illustre par le sang généreux qu’il a répandu, a mérité de monter au royaume du ciel. En souffrant tout ce que les tourments ont de plus cruel, il surmontait la rage des tyrans par sa constance et il ne céda jamais devant les menaces des persécuteurs, car il avait pour le soutenir au milieu de ses combats N.-S. J-C. qui combattait avec lui. Alors il est conduit au temple pour immoler aux idoles profanes ; mais fort du secours divin, il est à peine entré, que ces simulacres sont réduits par lui en poussière. Pour ce fait, il est conduit au milieu de la mer, et, soutenu par les anges, il marche à pied sec sur les flots. O heureux et noble : combattant du Seigneur qui en attaquant le prince du monde a rendu une multitude innombrable de peuple participante de la vie éternelle ! O grand et ineffable mystère, qu’il y ait plus de joie dans l’Église de ce qu’ils ont mérité le salut, qu’il n’y a d’allégresse dans le monde pour les avoir punis ! O bienheureuse mère qui tire de la gloire des tourments de ses enfants qu’elle conduit au tombeau sans pleurs et sans gémissements, et sans cesser de célébrer leurs louanges quand ils sont passés aux royaumes célestes ! O témoin merveilleux, resplendissant d’un éclat céleste, dont les vertus répandent une odeur plus pénétrante et plus suave que les aromates de Saba ! »

Saint Ambroise, lors de l’invention de ce saint, le proposa comme patron, et médecin, comme le défenseur de la foi, et le champion des combats sacrés :

Elle était cachée depuis longtemps dans la poussière cette drachme
trouvée avec la lumière que te prête l’assistance merveilleuse du ciel :
afin, ô Jésus que les récompenses que vous accordez à tous vos élus soient manifestées
et que l’œil de l’homme puisse voir les visages des anges.

C’est ce que dit Ambroise.