La Chine vend du gaz…

Au cours des trois premiers mois de l’année, la Chine a vendu 1,31 million de tonnes de gaz naturel liquéfié (GNL), nettement plus que pendant toute l’année dernière (et les années précédentes). Soit le contenu de 19 cargos. Au seul mois de mars elle a vendu le contenu de 8 à 10 cargos, remarque l’agence Reuters.

Or la Chine est le plus gros client du Qatar. Et le Qatar ne livre plus de GNL depuis le début de la guerre contre l’Iran.

Le gaz que vend la Chine est donc du gaz russe. Il est vendu à des pays, au premier chef la Corée du Sud, qui affirment appliquer les sanctions internationales contre la Russie… Et à cause de la guerre américaine (grâce à la guerre, disent les Russes et les Chinois…), le prix du GNL a augmenté de 85%…

(Le paradoxe est aussi que la hausse du pétrole fait gagner à la Russie sous sanctions plus de 50 milliards de dollars. Les sanctions, ça marche de mieux en mieux… Quant à l’Iran, selon The Economist, ses exportations de pétrole, qui continuent notamment vers la Chine, lui font gagner deux fois plus d’argent qu’avant la guerre…)

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Quant aux importations de GNL russe par l’Union européenne, elles ont atteint 6,8 milliards de mètres-cubes entre janvier et mars, contre 5,7 milliards entre janvier et mars de l’an dernier. Pour le seul mois de mars c’est 2,46 milliards : un record absolu. Et c’est aussi un record absolu d’hypocrisie.

Décalage obscène

Les États-Unis exhortent l’Espagne à enquêter sur l’euthanasie de Noelia, 25 ans. (Le dernier argument, après deux ans de procédure, était qu’on ne pouvait pas reporter son exécution parce qu’un « compromis » avait été signé pour ses organes….)

« Il est impératif que les autorités enquêtent sur cette affaire tragique », a déclaré Riley Barnes, secrétaire d’État adjoint américain aux Droits de l’homme. « Chaque vie est sacrée. On a laissé tomber Noelia. Nous ne pouvons pas nous permettre de la laisser tomber une nouvelle fois. »

Chaque vie est sacrée… On retrouve là les accents pro-vie de la politique de Donald Trump. Mais cela est quelque peu décalé, et devient même obscène, au moment où l’armée américaine tue des milliers d’innocents en Iran, après avoir aidé à tuer des dizaines de milliers d’innocents à Gaza.

L’imam Nunez

Le discours du ministre de l’Intérieur le 12 mars lors de « l’Iftar des ambassadeurs » à la Grande Mosquée de Paris était passé inaperçu, dans le flot de l’actualité qui passe… Un passage vient d’émerger sur les réseaux sociaux. Le ministre se prononce en faveur du voile pour les fillettes (ce en quoi l’imam Nunez est plus islamiste que la grande majorité des théologiens musulmans), et pour une diffusion toujours plus grande de l’islam, de même que le président de la République est lui aussi attaché à « développer » (sic) l’islam en France. (« Mon cher Chems », que tutoie le ministre, est le recteur algérien de la Grande Mosquée.)

« La France ne doit pas perdre en chemin ses enfants et elle ne doit perdre en chemin aucun de ses enfants parce qu’ils se seraient sentis stigmatisés ou blessés. C’est ce qui justifie d’ailleurs ma position sur l’interdiction du port du voile sur l’espace public par les mineurs. Je ne serai pas celui qui ira expliquer à des enfants qu’en portant le voile, elles menacent le vivre ensemble républicain. Je ne le ferai pas parce que je n’y crois pas et parce qu’une telle mesure ne ferait en réalité que détourner l’attention de la vraie menace. C’est une proposition qui, à mon sens, décrédibiliserait le vrai combat donné contre l’islam politique qui, lui, lui, est essentiel. C’est également ce qui justifie et justifiera que je pousse et défende, comme ministre des cultes, toute initiative qui puisse contribuer à mieux faire connaître l’islam. Et tu sais, mon cher Chems, combien le président de la République est attaché à développer et à mieux faire connaître l’islam. »

Jeudi saint

Christus factus est pro nobis obœ́diens usque ad mortem, mortem autem crucis. ℣. Propter quod et Deus exaltávit illum : et dedit illi nomen, quod est super omne nomen.

Le Christ, pour nous, s’est fait obéissant jusqu’à la mort, même jusqu’à la mort de la croix. ℣. C’est pourquoi Dieu l’a exalté et lui a donné un nom qui est au-dessus de tout nom.

Le corps du graduel exprime un amour reconnaissant pour tout ce que le Christ, dans son humiliation, a fait pour nous. Nobis contribue à produire cet effet. Les manuscrits annotés donnent ici à pratiquement chaque note la forme large. L’interprétation de The Caecilia (29, 49ss) semble quelque peu forcée lorsqu’elle considère obédiens comme un mouvement mélodique agité et y voit la répugnance naturelle que le cœur juvénile du Christ ressentait face à la mort et à la terrible agonie qu’Il allait subir. Cette interprétation suggérerait en outre que l’accord majeur résolu sur usque est apaisant, dans la mesure où il réconcilie le Christ avec le terrible devoir que l’obéissance lui impose. La quarte descendante de crucis peut nous aider à visualiser comment le Sauveur, avec le cri : « Père, je remets mon esprit entre tes mains », a incliné la tête et est mort.

Si le corps du graduel racontait ce que le Christ a fait pour nous, alors le verset raconte ce que le Père a fait pour le Christ : « exaltávit illum » – Il l’a exalté. La mélodie ici résonne comme le son des cloches de Pâques, rivalisant avec les joies du ciel. La récitation sur do sur exaltávit et ensuite sur ré sur « dedit illi » donne une forme plus plastique aux neumes qui suivent. Comme dans une sainte protestation, nous anticipons la glorification du nom du Sauveur qui sera si terriblement blasphémé dans les jours suivants, inscription que nous trouverons sur la croix au-dessus de la tête de la Victime. Ici, la mélodie module vers do comme la cadence médiane en psalmodie. La structure psalmodique, d’ailleurs, se trahit par l’intonation au début du verset et par une sorte de flexe sur le la, dernière note de illum. Au début grave avec « quod est », nous nous inclinons avec révérence devant le saint nom de Jésus.

Dom Dominic Johner

A Sainte-Elisabeth de Minsk

Le monastère Sainte-Elisabeth de Minsk vient de publier sa nouvelle vidéo. Elle comprend deux chants du carême : les Béatitudes, telles qu’elles sont chantées aux « Typiques », avec le refrain « Souviens-toi de nous, Seigneur quand tu viendras dans ton royaume », entre chaque béatitude ; et les quatre premiers versets du psaume 140 tels qu’ils sont chantés dans la divine liturgie des dons présanctifiés entre la première lecture et l’épître, avec le verset « Que ma prière s’élève… » comme refrain.

Que ma prière s’élève comme l’encens devant toi,
et l’élévation de mes mains comme le sacrifice vespéral.

Seigneur je crie vers toi, exauce-moi ; 
entends la voix de ma supplication, lorsque je crie vers toi.

Place, Seigneur, une garde à ma bouche, 
et une porte fortifiée à mes lèvres.

N’incline pas mon cœur vers des paroles perverses,
pour chercher des excuses à mes péchés.

Que ma prière s’élève comme l’encens devant toi, 
et l’élévation de mes mains comme le sacrifice vespéral.