Comme c’est bizarre…

Le cardinal Re, doyen du collège des cardinaux, a envoyé aux cardinaux une lettre en vue du consistoire convoqué par le pape les 26, 27 et 28 juin prochains.

Au programme notamment la liturgie, comme le pape l’avait clairement laissé entendre à la fin du dernier consistoire ? Eh bien non. La question liturgique restera au vestiaire cette fois encore.

Au dernier consistoire, en janvier dernier, la liturgie était l’un des quatre thèmes prévus. Mais il avait été écarté… Le pape avait dit alors qu’il ne fallait pas l’oublier. C’est pourtant ce qui se passe.

On parlera de la situation internationale (sic), du chef-d’œuvre de Léon XIV sur l’intelligence artificielle, de la réception du chef-d’œuvre de Léon XIV sur l’intelligence artificielle dans les Eglises locales, et bien sûr des suites sans fin du synode sur la synodalité…

Bref, sur la liturgie, le seul document cardinalice demeure celui que le cardinal Roche avait distribué à la fin du dernier consistoire : une réitération hargneuse de Traditionis custodes, seul horizon de l’unité de l’Eglise.

Fête Dieu

Le graduel de la messe (sur les versets 15 et 16 du psaume 144) a été repris du propre du 20e dimanche après la Pentecôte. Il est ici comme une préface de l’Ancien Testament à l’Alléluia qui suit, qui est quant à lui directement lié à l’évangile qui va être chanté.

Oculi ómnium in te sperant, Dómine: et tu das illis escam in témpore opportúno.
℣. Aperis tu manum tuam: et imples omne animal benedictióne.

Les yeux de tous espèrent en vous, Seigneur, et vous leur donnez leur nourriture en temps opportun.
℣. Vous ouvrez votre main, et vous remplissez toute chair de votre bénédiction.

Allelúja, allelúja. Caro mea vere est cibus, et sanguis meus vere est potus: qui mandúcat meam carnem et bibit meum sánguinem, in me manet et ego in eo. Allelúia.

Alléluia, alléluia. Ma chair est vraiment une nourriture, et mon Sang est vraiment un breuvage ; celui qui mange ma Chair et boit mon Sang demeure en moi et moi en lui. Alléluia.

L’AfD à Saint-Pétersbourg

Quatre représentants de l’AfD sont au Forum économique international de Saint-Pétersbourg, au grand dam du gouvernement allemand et de tous les autres partis, qui hurlent à qui mieux mieux…

La délégation comprend le vice-président du groupa AfD au Bundestag, Markus Frohnmaier, le chef de l’AfD de Saxe Jörg Urban, le député Steffen Kotré et le député européen Petr Bystron. En fait ils ne sont pas les seuls Allemands, car des entreprises allemandes sont également présentes… pour la première fois.

Markus Frohnmaier a rencontré le directeur général de Gazprom, Alexei Miller (photo), au siège de Gazprom. Il a déclaré à l’agence de presse allemande que la discussion a porté sur la possibilité d’une remise en service des gazoducs Nord Stream et la reprise des livraisons de gaz russe.

Gazprom a fait savoir : « Les parties ont discuté de la situation qui s’est créée sur le marché européen de l’énergie. Une attention particulière a été accordée à l’Allemagne. Il a été noté que le niveau de remplissage des stockages souterrains de gaz en Allemagne est actuellement le plus bas de ces cinq dernières années. Compte tenu des conditions actuelles du marché, cette situation rend extrêmement difficile la reconstitution des réserves de gaz d’ici l’hiver prochain. »

Markus Frohnmaier a déclaré à l’agence TASS : « L’Allemagne est prise dans une grave spirale économique descendante, et l’un des principaux facteurs est le coût élevé de l’énergie, qui renchérit l’ensemble de l’économie, oblige les entreprises à délocaliser à l’étranger et pèse chaque jour sur les citoyens. La Russie était le principal fournisseur de gaz et de pétrole. Par conséquent, toutes les options doivent être remises sur la table, y compris la remise en service de Nord Stream et la reprise des relations commerciales avec la Russie. Notre tâche consiste à placer sans compromis les intérêts nationaux allemands au centre. »

Dans Die Zeit, Petr Bystron avait expliqué (avant de savoir qu’il serait de la partie) que « par sa visite Frohnmaier souhaite défendre les entreprises allemandes qui ont perdu des parts de marché au profit de la Chine en raison des sanctions stupides et totalement inefficaces contre la Russie ».

Le Lakhta Center, siège de Gazprom, est le plus haut gratte-ciel d’Europe.

Pour en finir avec les « lectures » (4)

Il y avait ce matin avant la divine liturgie, au monastère Sretenski de Moscou, l’ordination d’une vingtaine de « lecteurs » tonsurés. On voit qu’après la tonsure ils doivent « lire » l’épitre, ce qui est leur activité première. C’est-à-dire qu’ils doivent savoir chanter l’épître, ce qu’ils montrent à tour de rôle devant l’évêque (il s’agit ici du métropolite Théognost de Kachira, ancien abbé de la laure de la Trinité-Saint-Serge et archevêque de Serguei-Possad, aujourd’hui vicaire du patriarche Cyrille).

Le « lecteur » est quelqu’un qui chante, car les « lectures » liturgiques sont des chants. Et ici en slavon, langue liturgique.

(Dans leur calendrier c’est aujourd’hui la fête de l’icône de la Mère de Dieu de Vladimir. En quelque sorte la fête patronale du monastère. En effet Sretenski veut dire : « de la rencontre ». Et il s’agit de la rencontre de cette icône, qu’on avait fait venir de Vladimir pour conjurer le péril des armées de Tamerlan. De fait ces armées repartirent et Moscou fut sauvée. C’était en 1395. Sur la place où les habitants de Moscou avaient « rencontré » l’icône, le grand-prince de Moscou Vassili Ier fit construire le monastère.)

*

Pour en finir avec les lectures 1, 2, 3.

Ni paradis, ni enfer…

La célébrissime chanson de John Lennon Imagine est ouvertement athée et, comme il le soulignait lui-même, communiste : elle appelle à supprimer les religions, les nations, la propriété privée. Le premier couplet dit ceci :

Imagine qu’il n’y a aucun paradis,
C’est facile si tu essaies,
Aucun enfer en-dessous de nous,
Au-dessus de nous, seulement le ciel,
Imagine tous les gens,
Vivant pour aujourd’hui…

Or le président de l’Académie pontificale de théologie, l’évêque Antonio Staglianò, a produit une vidéo où il dit ceci :

« Abolissons la religion, abolissons Dieu, abolissons le paradis. Qui dit cela ? John Lennon, dans la plus belle chanson du monde, Imagine. »

Et il se livre alors à un discours où il affirme que John Lennon a raison, parce que « pour avoir la paix dans le monde il faut abolir cette sorte de religion pour laquelle je dois tuer ou mourir » : celle du Valhalla, celle du fondamentalisme islamique, celle des croisades…

Or ce n’est pas du tout ce que dit John Lennon : il parle de la religion en tant que telle, et il dit qu’il n’y a pas d’autre vie que celle d’ici-bas.

Les réactions ont été vives sur les réseaux sociaux, et l’évêque Antonio Staglianò a été traité d’hérétique.

Il a alors produit une nouvelle vidéo, où il répond de façon proprement grotesque :

« Moi, un évêque hérétique ? C’est un luxe que je ne peux pas m’offrir : je suis évêque, et, de plus – avec tout le respect que je vous dois – président de l’Académie pontificale de théologie, donc je ne peux pas être un évêque hérétique. » Sic.

Antonio Staglianò avait déjà attiré l’attention le 16 février 2024 quand il avait participé à l’archevêché de Milan à une rencontre « historique » entre les trois grands-maîtres de la franc-maçonnerie italienne, l’archevêque de Milan, le cardinal Coccopalmerio (des soirées chem-sex du Vatican), et Antonio Staglianò, qui avait été « la véritable star de l’après-midi » selon Riccardo Cascioli, car il avait souligné les affinités entre la doctrine catholique et la pensée maçonnique…