Pour la première fois depuis Kennedy, un vice-président ou président américain a assisté à la messe traditionnelle : hier, JD Vance, au prieuré de l’Oratoire de Cincinnati.
C’est du moins ce qu’affirme le site Rorate Caeli, car le site de l’Oratoire de Cincinnati (Old Saint Mary’s church) ne parle que de « latin mass » (pour la messe traditionnelle les anglophones disent Traditional Latin Mass : TLM).
Mais Rorate Caeli est plutôt fiable. (Et c’est aussi grâce à l’Oratoire – de Lorient – que j’ai la messe traditionnelle, mais bien indiquée « saint Pie V »).
Le traditionnel pèlerinage de Kamianets-Podilskyi au monastère de Potchaïev, qui se déroule du 19 au 27 août (entre la Transfiguration et la veille de la Dormition selon le calendrier slavon) sur 250 km, attire cette année nettement plus de monde que les années précédentes. Au quatrième jour, le cortège s’étirait sur trois kilomètres.
Comme les années précédentes, les autorités de la région ont interdit tout rassemblement. Mais cette année la police accompagne le pèlerinage sans l’obliger à prendre des chemins de traverse ou passer à travers champ. Les policiers disent carrément qu’ils n’arrivent pas à identifier les organisateurs et qu’ils trouvent seulement des gens qui marchent de leur propre initiative et sont rejoints par d’autres…
Bref, les 27 et 28 août, ce sera une marée humaine encore plus importante que d’habitude à Potchaïev. Telle est la réponse des fidèles orthodoxes à l’ultimatum du pouvoir, qui a donné aux moines jusqu’à la fin du mois de « prouver » que le monastère n’a aucun lien avec la Russie…
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Deux vidéo publiées la nuit dernière (ça vaut le coup d’œil) :
Mosaïque de la cathédrale Saint-Juste de Trieste, XIIe siècle.
Odes 3 et 9 des matines byzantines, œuvre de Théophane.
Comme pluie du ciel tu arrosas la terre entière altérée par la sécheresse des sans-Dieu, saint apôtre Barthélemy, oculaire témoin de notre Dieu. Comme fontaine tu provenais des sources du Sauveur et comme fruit abondant tu portas le salut des nations, Apôtre digne d’admiration. Avec la grâce comme sel, tu arrêtas la pourriture des faux-dieux, saint Apôtre, réjouissant avec la douce parole de la foi les cœurs des fidèles te vénérant.
Etant devenu le serviteur du Verbe, le témoin oculaire, le disciple, le prédicateur, là où il se trouve maintenant tu as mérité de demeurer, comme lui-même en vérité l’avait promis, dans son extrême bonté. Devant le trône du Maître désormais tu te tiens, environné des rayons de l’au-delà : veille donc sur tes chantres, Barthélemy, pour les délivrer de leurs passions et de toute sorte de péril. Tu as mérité par la foi de devenir fils de Dieu et d’hériter les trésors paternels : généreuse main aux dons incomparables que celle du Christ te glorifiant, bienheureux Apôtre ayant vu Dieu !
Le métropolite Nectaire de Corfou célébrait ce matin la divine liturgie en la cathédrale de l’Icône de la Mère de Dieu de Kazan à Kazan. Grandiose. En grande partie en grec. Le métropolite était venu avec notamment un diacre qui chante magnifiquement, et dont le chant est une leçon de diction du grec liturgique (à 38’22). Le chœur de la cathédrale est admirable, tant en grec qu’en slavon.
On a une idée de l’affluence quand on voit le défilé continu des fidèles, pendant deux heures et demie, venant vénérer la main droite de saint Spyridon (et l’on ne voit pas le début… ni la fin).
Cette visite du métropolite Nectaire, apportant en Russie la relique du saint martyr de Corfou, et recevant une décoration du patriarche Cyrille, montre que c’est aussi un mythe que le « schisme » entre les Grecs et les Russes. (Ainsi à la grande entrée le métropolite de Corfou a-t-il commémoré en grec « Sa Sainteté le patriarche de Moscou et de toute la Rus Cyrille ».)
Réspice, Dómine, in testaméntum tuum, et ánimas páuperum tuórum ne derelínquas in finem : exsúrge, Dómine, et iúdica causam tuam, et ne obliviscáris voces quæréntium te. Ut quid, Deus, reppulísti in finem : irátus est furor tuus super oves páscuæ tuæ ? Glória Patri…
Ayez égard à votre alliance, Seigneur, n’abandonnez pas à la fin les âmes de vos pauvres. Levez-vous, Seigneur et jugez votre cause, et n’oubliez pas les appels de ceux qui vous cherchent. Pourquoi, ô Dieu, nous avez-vous rejetés finalement ? Pourquoi votre colère s’est-elle allumée contre les brebis de vos pâturages ?
De violentes émotions agitent aujourd’hui le cœur du chanteur. Il est saisi par la crainte que Dieu ne détourne à jamais Son regard de Son peuple égaré ; par la crainte qu’Il ne rompe l’alliance, seul espoir de l’humanité, parce que tant de personnes y ont manqué. D’où cette clameur violente, presque passionnée, notamment dans la deuxième partie sur exsurge Domine. « C’est peut-être la détresse extrême, causée par les migrations des nations, qui a arraché cette lamentation à l’Église ; nous pourrions aujourd’hui substituer comme raison le péché de tant de ses enfants » (K. L.). Le chantre sait toutefois qu’il peut prier au nom de toute l’Église : nous sommes Ton peuple, Tes pauvres, les agneaux de Ton pâturage, cette affaire Te concerne. Et cela le console, car Dieu n’abandonnera pas Son Église à une puissance hostile, et aucune malice ni aucun complot malveillant ne pourra jamais l’emporter contre elle.
L’Évangile d’aujourd’hui raconte l’histoire de la purification des lépreux. Avec quelle force n’ont-ils pas crié : « Jésus, Maître, aie pitié de nous ! » Mais plus pressante encore sera la supplication de celui qui a fait l’expérience de ce qu’est la lèpre de l’âme, de la honte que représente le péché, de la façon dont il appauvrit totalement l’homme, et de l’horreur qu’il y a à déserter son Créateur et à rompre l’alliance si solennellement ratifiée. Notre chant d’aujourd’hui naît de cette amère prise de conscience. Mais il y a aussi de la confiance en lui : le divin Berger des âmes ne nous oublie pas, Il ne nous abandonne pas, car voici qu’au Saint Sacrifice, Il descend sur l’autel et se donne Lui-même en nourriture à Ses pauvres brebis !
La mélodie gagnera en clarté si l’on considère la pause après causam tuam comme identique à celle après testamentum tuum. Ainsi se forment deux parties : la première moitié, animée de manière dramatique par les impératifs Respice, exsurge et judica ; tandis que la seconde moitié, avec ne derelinquas, ne obliviscaris et l’accent mis sur la dominante do, est nettement plus calme. Vers la fin, le chant redevient plus insistant en raison du pressus sur derelinquas et quaerentium.
La première moitié de la phrase présente avec force les trois mots les plus importants ; la seconde moitié évite tout intervalle trop large. C’est la supplication des « pauvres ». La cadence finale est empruntée au quatrième mode. Après le turbulent exsurge Domine, et judica s’engage sur la dominante, tout comme dans testamentum après Domine plus haut ; tuam est une abréviation de tuum ; ne obliviscaris renvoie à et judica ; voces se termine sur do, comme tuorum plus haut.